Le crowdfunding : un mode d'investissement durable pour les PME ?

Par 09 novembre 2011 1 commentaire
crowdfunding

Les Etats-Unis viennent de voter une loi légitimant la levée de fonds auprès de sites d'investissement collaboratif. Une action qui devrait bénéficier aux petites entreprises en panne d'investisseurs.

Le crowdfunding pourrait bientôt s'implanter durablement comme l'un des modèles de financement reconnus pour les sociétés. En effet, aux Etats-Unis, la Chambre des Représentants a voté largement en faveur d'une mention permettant aux petites et moyennes entreprises de lever des capitaux sur Internet grâce à l'investissement collaboratif (jusqu'à 5 millions de dollars). Cette mesure, soutenue par le président Barack Obama devrait largement favoriser le développement de compagnies dans le domaine de l'innovation sans avoir à passer par les étapes classiques de réglementation de la Securities and Exchange Commission (SEC), lourdes en matière de fiscalité et longues à aboutir. Un modèle qui pourrait également pénétrer d'autres marchés en dehors des Etats-Unis. "La Commission Européenne commence à s'intéresser à ce projet. Ils ont remarqué la réussite des opérations de financement de produits, notamment dans les domaines artistiques et culturels, et veulent passer à l'étape supérieure", précise Alexandre Boucherot, co-fondateur de la plateforme de crowdfunding Ulule et interrogé par L'Atelier.

Pour des entreprises rentables ou des coups de cœur

Cet investissement collaboratif pourra surtout fonctionner pour deux types d'entreprises. Tout d'abord celles proposant un business model innovant et lucratif, autorisant un retour sur investissement conséquent et rapide pour les internautes ayant participé au projet comme des start-up en démarrage. "L'autre catégorie serait des sociétés coups de cœur, qui font rêver, qu'une personne aurait envie de soutenir pour défendre une cause : sociétés basées sur le social business, le développement durable", continue Alexandre Boucherot. Mais le crowdfunding ne pourra se généraliser réellement que sous certaines conditions, comme la clarification juridique de son statut et l'adoption massive d'une même législation par toutes les plates-formes afin de crédibiliser ce mode de fonctionnement.

Une législation claire et des avantages fiscaux à déterminer

Le volet financier est également à prendre en compte. "Le contributeur veut être certain que l'ensemble de son argent ira bien dans les caisses de l'entreprise. Il ne faudra pas que les éventuelles taxes des gouvernements soient démesurées", précise Alix Heuer, Community Manager chez Ulule. Des avantages fiscaux, similaires à ceux régissant l'investissement dans les PME en France par exemple, pourraient aussi favoriser l'essor de ce modèle qui ne bénéficie pas encore d'une exposition médiatique suffisante. "Beaucoup de gens souhaitent s'engager dans ce type de projets mais ils ne savent pas vers qui se tourner et ne connaissent pas toutes leurs options. Une loi claire règlerait le problème. En tout cas, la demande pour des plates-formes ouvertes et simplifiées existe", conclut Alexandre Boucherot.

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1 Commentaire

Merci pour cet article. En effet, il n'est pas simple de comprendre les lois qui encadrent le crowdfunding d'autant plus qu'elles varient dans chaque pays. Cela fait un an que nous travaillons au développement du model en Belgique et que nous négocions avec les autorités de marche. Ce n'est pas simple mais nous y somme arrive. Nous lançons en fevrier 2012 http://www.mymicroinvest.com - plateforme de financement collectif de startups! Une première version de la plateforme est déjà en ligne (sans possibilité d'investissement pour l'instant), si ce la vous intéresse?

Soumis par Guillaume (non vérifié) - le 10 novembre 2011 à 12h48

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