Crowdsourcing et informatique aident la police à confondre les criminels

Par 18 novembre 2014
Identifier les criminels avec le net

Utiliser la foule des internautes pour identifier les criminels serait-elle la nouvelle arme de la police ? L’université de Miami y croit et promet un grand avenir au nouveau système qu’elle a développé.

Après la médecine, le crowdsourcing pourrait aider à la résolution des crimes. C’est en tous cas le postulat de Brian Blake et de son équipe à l’université de Miami. Ce n’est cependant pas la première fois que la mise à contribution des internautes est envisagée pour aider la police. En 2011 par exemple, après des émeutes à Vancouver, les autorités avaient créé une page Facebook uniquement destinée à récolter les photos et vidéos prises par les particuliers des événements de manière à identifier les auteurs des violences. Si le principe d’utiliser le crowdsourcing pour aider la police est donc loin d’être nouveau, les chercheurs de l’université de Miami innovent en revanche dans leur idée de combiner les compétences des machines avec celles des humains. Ils ont mis en effet au point un système dans lequel hommes et ordinateurs effectueraient la même action réunissant par là les avantages des deux entités.

Une association homme-machine encore floue

Loin de jouer les Sherlock Holmes comme ils l’avaient tenté lors des attentats de Boston, les internautes seraient mis à contribution pour l’identification précise des criminels. Dans les faits, le système associe cette reconnaissance humaine avec la reconnaissance faciale informatique. Grâce à cette combinaison, on passerait d’un taux de certitude de l’identification de 14 % avec les machines seules à 69 %. Une aide précieuses pour la police donc. Cela dit l’équipe de Brian Blake n’a pas encore véritablement déterminé le rôle exact de chacun ni dans quel ordre les deux types d’identification auront lieu. On ne sait pas non plus sous quelle forme se présentera l’outil pour les internautes : un site web, un logiciel, une application… Les chercheurs n’ont pas encore véritablement envisagé les aspects pratiques de leur invention. Mais l’avantage décisif de l’outil développé reste son adaptation à différentes situations.

L’adaptation, maître-mot d’un système à l’avenir incertain

Nous aimerions décider de qui est le meilleur pour un tâche particulière ou de quelle concentration d’humain ou de machine pourrait être combinée pour une mission spécifique. Nous pensons également que les humains pourraient effectuer le premier passage, puis viendraient les machines pour une même tâche.” explique Brian Blake. Pour résumer, le système évoluerait en fonction de la demande en mettant plus ou moins d’informatique. L’équipe de chercheurs tient également à ce que leur modèle prenne en compte la notion de feedback afin de l’améliorer constamment. Reste qu’ils n’ont pas encore eu l’occasion de tester leur idée. La prochaine étape serait donc une simulation de manière à mettre en pratique un système encore assez flou. Le projet s’ajoute ainsi à une liste d'initiatives misant sur les réseaux sociaux pour aider la police. Les tweets prédictifs avaient ainsi été envisagés alors même que le crime organisé évolue en profondeur avec les nouvelles technologies.

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