Culture : Le code n’a pas changé

Par 09 novembre 2010
Mots-clés : avignon, Culture, paiement

De retour d’Avignon, où L’Atelier et sa maison mère, BNP Paribas étaient partenaires du Forum d’Avignon, lancé par Nicolas Seydoux, patron de Gaumont. L’enjeu du Forum était de voir comment culture et économie pouvaient cohabiter de façon harmonieuse : financer la culture, est ce que cela rapporte à l’économie « réelle » et est ce qu’il est possible de vivre quand on est une vieille industrie culturelle attaquée dans ses fondations par des business model plus malins, plus adaptés aux modes de consommation des jeunes ou des populations des pays émergents.

De retour d’Avignon, où L’Atelier et sa maison mère, BNP Paribas étaient partenaires du Forum d’Avignon, lancé par Nicolas Seydoux, patron de Gaumont. L’enjeu du Forum était de voir comment culture et économie pouvaient cohabiter de façon harmonieuse : financer la culture, est ce que cela rapporte à l’économie « réelle » et est ce qu’il est possible de vivre quand on est une vieille industrie culturelle attaquée dans ses fondations par des business model plus malins, plus adaptés aux modes de consommation des jeunes ou des populations des pays émergents.

La mairesse d’Avignon et la ministre israélienne de la culture se sont attachées à prouver que la première question amenait une réponse positive. Réponse positive également avec les grands patrons témoins de cette édition 2010. Un brin revanchards, parce que certaines pythies leur avait promis à une mort certaines, un brin satisfaits, parce que le micropaiement, la VOD et les tablettes semblaient répondre à toutes leurs attentes. Moi qui vient d’une époque révolue, tous ces discours faits par des éminences également issue d’une époque révolue m’ont laissé un brin songeur. Je viens d’un monde où l’accès à la culture se faisait essentiellement par le biais de sponsors.

Par sponsors, j’entends mes camarades plus aisés qui achetaient les disques que nous pouvions copier en K7 chrome ou métal, quand on avait plus d’argent ou une sono exigeante, ou par des camarades moins aisés mais la mutualisation des achats permettait de constituer une discothèque K7 suffisante, une époque où l’on constituait ses K7 à partir de la radio, où l’on faisait enregistrer les films sur Canal + par les chanceux qui pouvaient regarder Bioman en non crypté. Mais surtout d’une époque pas encore révolue où l’on passait le contenu et le contenant sans problème. Tu me passes ton livre ? Oui, évidemment, mais tu me le rends, hein ! Tu me prêtes tes 33 tours ? Pas de problème, mais fais gaffe à la pochette !  

Là, il faudrait se contenter au mieux d’un support numérisé, au pire d’un accès de mauvaise qualité à un flux qui se tarit deux jours après. Quant il s’agit d’un film, pas de problème. Quant il s’agit d’une série pour enfants que l’on va repasser environ 300 fois par an, cela peut poser un soucis. Et puis, comment prêter ? Qui va me passer son bouquin dès lors que celui-ci est enchassé dans un iPhone, un Kindle ou l’équivalent Fnac ? Qui va me prêter son iPhone, son ordinateur portable ? Suis-je un pirate ? La deuxième salve sera-t-elle d’empêcher l’éclosion de bibliothèques municipales numériques ? Et le micro-paiement, les amis... Vous parlez bien du truc déjà utilisé pour les sites X dès la deuxième moitié des années 90 ? Innovant, en effet. Bref, passionnant : tout reste à faire, tout reste à déboulonner, tout reste à remettre en cause. On attend l’année prochaine avec impatience !

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