La culture influence également la manière dont un internaute organise son temps

Par 19 février 2013 Laisser un commentaire
Engrenages d'une pendule

Les différentes manières de concevoir le temps à travers le monde entier possèdent un impact non négligeable sur la façon dont les internautes organisent leur temps et au final sur une possible collaboration.

En anthropologie, il est courant d'entendre que deux conceptions du temps co-existent chez les individus et diffèrent en fonction de ceux-ci : le temps monochronique et le temps polychronique. Dans le cas du premier, un individu ou une culture gère les événements les uns après les autres, alors que pour le second, les personnes ont la capacité de réaliser plusieurs actions en même temps. C'est en se basant sur ce concept du Docteur Edward T. Hall que des chercheurs des universités d'Harvard et de Zurich ont réussi à établir qu'il n'existe pas une culture homogène des utilisateurs d'Internet, en particulier lorsqu'il s'agit de gérer son temps. Et pour cela, ils se sont basés sur les données issues de l'outil de planification Doodle, et plus particulièrement au temps de réponses à l'une des autres fonctions du site: les sondages* proposés entre eux par les utilisateurs.

Une certaine conception de la temporalité

Ainsi, en anthropologie, il est admis que les sociétés individualistes sont davantage monochroniques, à l'instar des pays scandinaves d'Amérique du Nord. Des sociétés plus collectivistes, comme la Chine, le Japon, l'Inde ou encore la Russie, sont, quant-à-elles, plutôt polychroniques. Or, les chercheurs ont, par exemple, constaté que les utilisateurs « individualistes » répondent tardivement aux sondages Doodle. Et cela, pour des raisons purement stratégiques, afin de s'adapter aux horaires des autres mais aussi d'influer sur les choix précédents pour les modifier en sa faveur. Ceux-ci montrent également plus de disponibilités mais parviennent moins facilement à un agrément sur un plage horaire particulière. A l'inverse, un utilisateur « collectiviste » répond plus rapidement, affiche moins de disponibilités mais parvient rapidement à un consensus avec les autres utilisateurs. Toutefois, la perception du temps n'explique pas tout. En effet, près de110.000 sondages sont proposés par les utilisateurs du Luxembourg contre 0.524 en Hongrie. un pays pourtant considéré comme plutôt individualiste.

Des incompréhensions culturelles

De même, le temps de réponse varie entre les pays. Les Allemands répondent aux sondages avec une moyenne de 45 heures afin de mieux adapter leur stratégie de réponse, alors que le temps de réponse d'un utilisateur chinois sera sensiblement égal à celui d'un luxembourgeois. L'évolution économique d'un pays et les changements sociétaux pourraient y jouer un rôle. Cette différence de culture n'est pas sans rappeler celle d'une autre étude, qui montrait comment la culture influence l'utilisation des réseaux sociaux. Enfin, les résultats de cette analyse mettent en avant les frictions qui peuvent apparaître lorsque des groupes de travail font intervenir des personnes de différentes cultures. Répondre tardivement pourra être considéré comme une erreur d'étiquette par un utilisateur polychronique, tandis qu'un individualiste considérera un nombre peu important de disponibilités comme une marque de désintérêt.

*1.7 million de sondages Doodle à travers 211 pays

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas