Les cybercriminels font appel aux internautes

Par 26 janvier 2007

La cybercriminalité recrute des internautes! Le Club de la sécurité des systèmes d'information français, le Clusif, qui vient de publier son panorama 2006 de la cybercriminalité, souligne un...

La cybercriminalité recrute des internautes! Le Club de la sécurité des systèmes d'information français, le Clusif, qui vient de publier son panorama 2006 de la cybercriminalité, souligne un phénomène en pleine   expansion: l'utilisation de particuliers comme intermédiaires pour transférer de l'argent.
 
Ces "mules" d'un nouveau genre ont pour tâche de réceptionner de l'argent escroqué à d'autres internautes par phishing ou piratage, et de le transférer de leur compte à ceux des hackers. But de la manœuvre: brouiller les pistes.
 
Pour attirer ces porte-valises, la méthode est simple. Les fraudeurs envoient par mail des offres d'emploi provenant d'une société financière. Pour intégrer l'équipe, il faut être majeur, parler anglais, posséder un compte en banque et consulter ses mails plusieurs fois par jour. Si l'internaute se montre intéressé, un contrat de travail lui est proposé. Celui-ci stipule que des virements seront faits sur le compte du nouvel employé qui, dès qu'il en aura été informé, devra transférer cet argent sur un compte de l'entreprise. Comme rémunération, les pirates laissent à l'internaute 5 à 10% des sommes en transit. Ainsi, il est possible de toucher jusqu'à 3 000 euros par mois.
 
Selon le Clusif, ces internautes fraudeurs proviennent de milieux socio-professionnels très variés et leur nombre ne cesse de croître. En 2006, un établissement bancaire en aurait recensé douze. Une fois repérées, les "mules" sont renvoyées de leur banque.
 
Reste à savoir si le travail demandé est effectué en connaissance de cause ou si la naïveté l'emporte. En effet, certains courriers, se disant provenir d'un pays africain, tentent d'émouvoir des particuliers crédules. Les histoires varient, du riche héritier ivoirien dans l'incapacité de toucher son argent sans une aide extérieure à la veuve qui tente de protéger l'héritage de ses enfants. Si le but est également de faire transiter des fonds du compte de l'internaute à celui des fraudeurs, la méthode utilisée reste différente.
 
Les réseaux de la cybercriminalité se complexifient de plus en plus. Les surdoués de l'informatique d'hier ont cédé la place à des détourneurs de fonds. Selon Symantec dans son rapport biannuel sur les tendances en matière de sécurité sur Internet, la cybercriminalité connaît un taux de croissance équivalent à celui du e-commerce, soit 50%.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 25/01/2007)

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