Cyworld: un site coréen concurrence sérieusement MySpace!

Par 26 septembre 2006

La semaine dernière, Chris DeWolfe, directeur exécutif de MySpace, annonçait lors d'une conférence que la compagnie était sur le point de faire son entrée sur "deux...

La semaine dernière, Chris DeWolfe, directeur exécutif de MySpace, annonçait lors d'une conférence que la compagnie était sur le point de faire son entrée sur "deux importants marchés asiatiques". Mais sur ce terrain, d'autres plates-formes communautaires se sont déjà développées. La plus importante, la coréenne Cyworld, compte 2 millions de membres en Chine et 19 millions en Corée du Sud. MySpace pourra-t-il trouver sa place?
 
Parallèlement au succès de MySpace outre-atlantique, des sites se sont indépendamment développés en Asie ces dernières années, connaissant un engouement semblable à celui du site communautaire américain. Au Japon, Mixi, une plate-forme de deux ans et demi, regroupe 5 millions de membres. Et à Taïwan, Wretch s'enorgueillit de deux millions d'adhérents, en grande partie des célébrités. Mais le phénomène le plus notoire reste Cyworld. Créé il y a 7 ans, le site coréen, proposé au départ en Corée du Sud seulement, fait désormais fureur en Chine, au Japon et à Taïwan. 
 
Selon Henri Chon, le directeur exécutif de la branche US de Cyworld, propriété de SK Communications, le site s'apprête à conquérir de nouveaux territoires à l'Ouest. Une version allemande est prévue pour la fin de l'année.
 
Sur le secteur asiatique, la concurrence s'annonce dure pour MySpace, les 19 millions de membres de Cyworld en Corée représentant un tiers de la population globale du pays. D'autant que ces sites, Cyworld en tête, sont parfaitement adaptés aux cultures et sensibilités locales… différentes des mœurs occidentales.
 
Ainsi, si MySpace est perçu comme une plate-forme totalement libre et gérée par ses utilisateurs qui peuvent créer plusieurs profils et poster autant de photos, vidéos et commentaires qu'ils le souhaitent, les sites asiatiques sont plus régulés. Mixi, par exemple, ne donne pas la possibilité d'insérer des photos dans son profil et a mis en place un système d'autorisation pour accéder aux pages personnelles.
 
Les choses sont encore plus codifiées chez Cyworld : les profils sont représentés par des Minimes, des petits personnages à l'effigie de chaque utilisateur et qui évoluent dans une Miniroom. Chacun peut personnaliser son Minime, moyennant finances. Et pour avoir accès aux fichiers estimés personnels par le propriétaire de la page, il faut y être autorisé.
 
Cette méthode est un succès. En effet, elle préserve l'anonymat de chacun tout en permettant une grande liberté d'expression et de communication. Jo Seul-Ki, une jeune enseignante de Bucheon, confirme : "C'est génial car on peut mettre en ligne un nombre illimité de photos, de fichiers ou d'images animées. Vous n'avez pas à vous soucier de votre vie privée car vous pouvez contrôler la visibilité de votre page personnelle à un cercle restreint de personnes".
 

Sur Cyworld, les utilisateurs sont représentés par des petites figurines personnalisables, les Minimes, moyennant finances.
 
Cette possibilité de gérer son espace personnel diffère de la liberté totale préconisée par MySpace. L'enjeu sera difficile pour la plate-forme américaine aux 100 millions de membres, face à la filiale de SK Telecom, qui a dégagé un profit de 20 milliards de wons l'année dernière (16.3 millions d'euros). L'inverse reste néanmoins vrai: les Américains risquent de ne pas s'enthousiasmer pour un site d'expression personnelle régulé et payant.
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 26/09/2006)

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