"Avant de penser à évaluer, il faut encourager la participation sur les réseaux"

Par 23 juin 2011
des bonhommes sur un puzzle

La mise en place d'outils de notation de la compétence des salariés sur des sites collaboratifs ne prend son sens que si ces derniers en font un usage fréquent. L'évaluation servant ensuite à améliorer la collaboration.

Entretien avec Alexandre Dayon, vice-président en charge des applications pour Salesforce.

L'Atelier : Comment peut-on évaluer les collaborateurs d'une entreprise sur un réseau social interne ?

Alexandre Dayon : Il faut d'abord les regarder évoluer sur la plate-forme avant même de penser à les évaluer. C'est un outil de partage, l'objectif est donc avant tout de pousser les collaborateurs à participer et à intégrer cette manière de communiquer. Si on veut fournir des chiffres quant à l'utilisation du réseau social par un employé, on peut d'abord regarder le nombre de personnes qu'il suit et qui le suivent. On peut également analyser le nombre de commentaires postés sur ce qu'il dit et les différentes interactions qu'il crée avec les autres membres de la communauté. L'important ce n'est pas tant d'obtenir des chiffres, c'est surtout de les analyser afin de montrer que ce type d'outil permet d'améliorer la collaboration.  

Pourquoi cet outil d'évaluation peut-il être important ?

Il pousse les employés à être conscients que dans une entreprise, pour avancer et évoluer ils ont besoin de la reconnaissance de leur pair. Cette reconnaissance passe par leur travail effectif mais également par leur participation, leurs prises de position sur le réseau social interne. L'intérêt pour le collaborateur c'est de participer à l'évolution globale de l'entreprise. Lorsque chez Salesforce nous donnons la possibilité aux employés de poster des commentaires en temps réel sur les réunions du comité exécutif ce n'est pas pour ensuite vérifier et pointer qui l'a fait et qui ne l'a pas fait, mais plutôt pour ouvrir un espace de liberté d'expression.

Cela peut-il être vécu comme une intrusion ?

Effectivement il peut y avoir certaines réticences et une peur de la part des employés d'être pistés. Pour autant lorsqu'ils utilisent un badge ou leur téléphone mobile, il est également possible de suivre ce qu'ils font. L'outil collaboratif n'est pas une intrusion mais plutôt un outil ouvert vers les autres qui permet de faciliter le partage d'information. C'est ce partage qui à terme permettra de faire des gains de productivité pour l'entité globale. Il ne s'agit donc pas d'un outil de répression mais bien une source d'intégration.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas