De plus en plus de particuliers français passent leurs ordres de Bourse par Internet.

Par 29 mars 1999

Alors que passer ses ordres de Bourse par Internet inquiétait encore récemment beaucoup d'épargnants, le volume des transactions boursières via Internet a explosé aux Etats-Unis au cours des dernièr...

Alors que passer ses ordres de Bourse par Internet inquiétait encore
récemment beaucoup d'épargnants, le volume des transactions boursières via
Internet a explosé aux Etats-Unis au cours des dernières années. François
Champarnard et Fabrice Demarigny, de la COB notaient en novembre 1998 "en
décembre 1996, International Data Corporation avait estimé à 1,5 million
le nombre de comptes ouverts auprès d'un courtier en l'an 2000. Cette
prévision apparaît extrêmement sous-évaluée puisque pratiquement déjà
atteinte. Et selon la firme Pacific Coast Brokerage, ce type de service
croît annuellement au rythme de 25 %".
Aux Etats-Unis, un tiers des ordres de Bourse passés par les particuliers
sont désormais transmis par Internet.
Créés à la fin des années 70 par le courtier Charles Schwab, les "discount
brokers" sont à l'origine de ce véritable raz de marée. Ces intermédiaires
offrent, à des prix inférieurs de près de moitié à ceux des maisons de
titres traditionnelles, leurs services de ventes et achats de titres
boursiers. Grâce à Internet, ils ont pu toucher un nombre plus important
de clients et offrir des services à des prix encore plus faibles. De
nouveaux acteurs se sont aussitôt saisis de cette opportunité.
En Europe, la France n'est pas trop en retard, une fois n'est pas coutume.
Des sociétés de Bourse comme Wargny, Ferry ou Dubus ont offert dès 1997
leurs services en ligne. De nouveaux intervenants comme Fimatex, Bourse
Direct, plus récemment Self Trade sont ensuite arrivés.
Mais ce qui surtout à permis de dynamiser le marché, c'est l'arrivée de
la Compagnie parisienne de réescompte (CPR), seule puis en association
avec e-Trade, et celle de la Banque Cortal (groupe Paribas) associée
désormais à Ameritrade. Quelques sociétés de télématique veulent aussi
aujourd'hui prendre pied sur ce nouveau marché.
Toutefois, comme les actionnaires individuels sont proportionnellement
moins nombreux en France qu'aux Etats-Unis et que beaucoup de Français
continuent d'utiliser le Minitel, le courtage par Internet pourrait ne pas
connaître en France le même essor qu'outre-Atlantique.
Directeur associé chez Bourse Direct, Philippe Gellman remarque
"aujourd'hui, seulement 15 % de nos clients passent leurs ordres par
Internet, le Minitel restant le canal le plus utilisé".
L'utilisation de l'Internet est beaucoup plus spectaculaire chez Cortal ou
CPR. Les ordres par Internet chez CPR sont aussi nombreux que ceux passés
par téléphone et Minitel réunis.
(Le Monde Economie - Le Figaro - 30/03/1999)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas