De nouveaux services de vente aux enchères sur Internet se développent en Europe.

Par 29 avril 1999
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Introduite sur le Nasdaq le 29 mars dernier, Priceline, une société américaine de commerce électronique, pratique les enchères inversées : le consommateur fixe le prix de ce qu'il souhaite acheter (...

Introduite sur le Nasdaq le 29 mars dernier, Priceline, une société
américaine de commerce électronique, pratique les enchères inversées : le
consommateur fixe le prix de ce qu'il souhaite acheter (billet d'avion par
exemple) et l'obtient en fonction des stocks disponibles et des autres
offres. Créée en 1998, Priceline a réalisé un chiffre d'affaires de 30,4
millions de dollars (187,87 millions de F) en vendant 134 000 billets, les
compagnies garantissant 1,9 million de billets. Priceline n'accepte que
les offres dites "raisonnables", dont le prix n'est pas inférieur de plus
de 30 % à un prix officiel "cassé" de compagnie aérienne.
Priceline illustre tout à fait la révolution actuelle des modes de
fixation de prix sur le web. Internet rapproche le consommateur de l'offre
en lui facilitant l'accès à l'information et en lui permettant de mieux
comparer les prix.
Au travers de sites comme Onsale, iBazar ou eBay, 1,2 million
d'internautes s'adonneraient déjà à la vente aux enchères sur Internet.
Les sites de ventes aux enchères sur Internet se sont multipliés ces
derniers mois en Europe. Deux catégories apparaissent : les sites comme
ceux de Lufthansa ou Nouvelles Frontières attisant le tempérament
opportuniste de leur clientèle et les sites pratiquant des enchères entre
particuliers, comme ceux d'eBay et d'Onsale.
Ayant levé avec Apax Partners 11 millions d'euros, l'anglais QXL annonce
pour cette année un chiffre d'affaires de 70 millions de F (10,67 millions
d'euros) avec un taux de progression mensuel de plus de 20 % et vient
d'ouvrir un bureau en France. Aucland, un français, est, quant à lui, en
train de finaliser son deuxième tour de table.
Des investisseurs s'intéressent également aux sites de ventes aux
enchères. Bernard Arnault, le PDG de LVMH, vient ainsi d'acquérir, pour
26,37 millions de F (4,02 millions d'euros), 20 % de la société
britannique iCollector, spécialisée dans la vente aux enchères sur
Internet, concurrent direct de Christie's. Ce dernier va d'ailleurs lancer
son propre site en septembre prochain, tandis que son concurrent américain
Sotheby's fonctionne déjà.
Parallèlement, des sites de vente de dernière minute se développent comme
ceux de Lastminutes ou de Dégriftour.
Le consommateur pourra-t-il alors payer moins cher sur le Net ? Jean-Louis
Gross, directeur associé chez la SSII CBS-Peat Marwick répond "oui, mais à
condition que le cybermarchand accepte de répercuter sur ses tarifs les
économies réalisées par l'informatisation de son fonctionnement".
Directeur de la branche réseaux & télécoms de Sema Group, Yves de
Talhouët, renchérit "en dehors des enchères où le client est le maître du
prix de vente, le Net ne change pas les tarifs. Le prix reste un pouvoir
classique de négociation".
(Dossier de trois pages - La tribune - 29/04/1999)

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