Le haut débit en Guadeloupe

Par 16 juillet 2002
Mots-clés : Digital Working, Europe

Le Conseil régional de Guadeloupe se base partiellement sur une étude du cabinet Streamwide et sur le rapport Carpentier d’avril 2002 pour faire le constat du haut débit dans l’île ...

Le Conseil régional de Guadeloupe se base partiellement sur une étude du cabinet Streamwide et sur le rapport Carpentier d’avril 2002 pour faire le constat du haut débit dans l’île. Pour l’ADSL, France Télécom couvre potentiellement 38,4 % de la population. Le nombre d’abonnés est passé de 384 en décembre 2001, à près de 600 en mars 2002. 2 000 abonnés, soit deux fois moins qu’en Martinique, sont prévus pour la fin 2002. Afin de mieux refléter les coûts réels, France Télécom envisage de ne plus aligner le prix de l’ADSL en Guadeloupe sur les prix de la métropole. Concernant le câble, WSG commercialise déjà ses services haut débit en Martinique. La société pourrait le faire en Guadeloupe, en partenariat avec Mediaserve, sous réserve d’un investissement d’environ 4 millions d’euros pour les 85 000 prises existantes et de 10,6 millions d’euros pour les 35 000 foyers non raccordés. Pour la boule locale radio, XTS finalise un projet de déploiement en Martinique, puis en Guadeloupe, pour un investissement d’environ 5 millions de F pour la Guadeloupe. La Guadeloupe dispose d’un réseau régional satisfaisant. L’infrastructure de fibres optiques de France Télécom dessert la quasi totalité de la Guadeloupe. Le réseau de fibres optiques de WSG dessert l’essentiel de l’île (300 kms de fibres posées). 8 millions d’euros d’investissement sont nécessaires pour compléter le réseau. Enfin, le réseau électrique pourrait servir de support à un troisième réseau de fibres optiques. Au cas où le câble serait coupé, le satellite est une bonne solution de backup. Toutefois, il peut être difficilement compétitif sur les prix et ne peut donc contribuer à désenclaver la Guadeloupe. Les câbles sous-marins ECFS et Americas ne peuvent apporter une solution technique et financière pérenne pour la Guadeloupe. Un nouveau câble sous-marin connectant la Guadeloupe au backbone Internet permettrait de diviser les prix par un facteur 5 à 10. Selon la solution retenue, l’investissement nécessaire pour garantir un accès performant au réseau mondial est estimé entre 10 et 20 millions d’euros. Selon l’étude de Streamwide, le transit IP (du fournisseur d’accès vers l’Internet, dont 95 % en métropole) est près de deux fois plus élevé en Guadeloupe qu’en Martinique et près de 35 fois plus élevé qu’en métropole. Il représente la part la plus importante des coûts (64 %). Actuellement, les conditions ne sont pas réunies pour qu’une offre d’accès Internet haut débit puisse être rentable pour un fournisseur d’accès en Guadeloupe. Les niveaux de prix du transit Internet au départ de la Guadeloupe doivent être significativement améliorés pour que le haut débit, très consommateur en bande passante, puisse se développer. Une stratégie a été arrêtée par la Région Guadeloupe dans ce contexte, afin de couvrir en trois ans l’ensemble de la Guadeloupe pour permettre l’accès de tous les guadeloupéens à Internet, et inciter la pose de nouveaux câbles sous-marins pour désenclaver l’archipel. La collectivité régionale invite donc les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès Internet à se regrouper pour mutualiser les investissements à réaliser. La structure créée sera propriétaire des infrastructures et bénéficiera des fonds publics. Une subvention sera attribuée en fonction des obligations de service public, afin de garantir l’accès de tous aux technologies haut débit. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 16/07/2002)

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