Déclamer sur iphone, c'est aléatoire

Par 12 novembre 2008 1 commentaire

Ma vie est un enchantement.
Quand je m'endors, quand je m'éveille,
Ou quand je joue à tout moment,

La polésie, c'est bien, mais c'est aussi dangereux (casse-gueule est un adjectif valable, mais un peu vulgaire, alors finalement non). La polésie, c'est un moyen d'être ridicule avec la future femme de sa vie qui finalement, non.

La polésie, c'est maintenant un moyen d'être ridicule avec la future femme de sa vie qui s'avère être une technophile semi-argentée (pas la couleur, mais le compte en banque de la dame) et qui possède un téléphone mobile avec une pomme cassée argentée (la couleur, pas le compte en banque de la dame) qui s'affiche quand on l'allume.

Alors quoi ? J'y viens, j'y viens. Merci Neutrinos qui vient de publier sur i***** une application qui donne à composer des poèmes avec deux cent mots aléatoires. Poème que l'on peut charger sur les serveurs de PoetrySinger.com. Hémisphère dans une chevelure (cela n'a rien à voir, mais ça fait joli), il est possible d'écouter ces poèmes via un système de synthèse vocale, comme celui que l'on peut retrouver sur le site de L'Atelier.

Une fée douce me surveille.
Elle m'entoure de soins charmants
Cette merveille, c'est ma maman.

© Pierre Desproges, dont un ami vient de m'offrir l'intégrale.

Haut de page

1 Commentaire

A Monsieur Pierre D. ,

La navigation… Cette aventure marine, à la fois folle et excitante (comme toutes les folles aventures) mène le marin avisé vers des horizons, qui même s’ils lui sont connus, l’émeuvent chaque fois plus que la précédente. Placé ainsi, dans la peau de celui qui face à l’immensité du grand tout, se rend compte qu’il n’en est qu’un infime et insignifiant éclat, ses idées à lui le marin, regroupement désordonné de pensées tumultueuses et d’images foisonnantes, se noient moribondes, dans un abîme obscur et sans fond.
Parfois cependant, au hasard d’un rayon de soleil échappé d’un ciel de soie gris, une île apparaît, terre d’asile éphémère de ces espoirs déchus.

De toutes les formes de navigation, celle, sur celui que l’on n’ose plus aujourd’hui nommer autrement que l’Internet, n’échappe pas à cette immuable règle. Ici aussi, le hasard, dans sa grande mansuétude, nous propose parfois de si surprenantes et incongrues rencontres, qu’on aurait du mal à croire qu’on les lui doivent à lui…le hasard.

Celle présentée ci-dessus en fait partie. D’aucuns la trouveront anodine, mais l’idée de voir votre verve incandescente associée aux malaxages aléatoires et aimantés de cette plateforme pour téléphone mobile me choque… autant qu’elle me fascine !

Loin de moi l’idée de faire se confronter votre art du verbe et de la farandole des mots aux algorithmies poétiques du dit Poetry Singer. Tout en étant effrayé à la pensée qu’on puisse résumer l’art poétique à un simple assemblage — quasi mécanique — de mots, exécutable de fait par un processus logiciel, l’idée d’une nouvelle forme d’appréhension de la création où le hasard instituerait de nouvelles règles, me semble, elle, fort séduisante.

Qu’une algorithmie incertaine, malaxant aléatoirement les individualités ordinaires des mots, aide à faire émerger du néant des éclats de poésie, voila qui me convainc dans l’idée de la nécessité du hasard.

Car s’il est certain que se sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, il ne fait aucun doute que se sont tous ces petits mots qui feront, un jour, les grands vers !

Soumis par Charles Amory (non vérifié) - le 13 novembre 2008 à 04h59

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas