Découverte du service de veille Internet de l’Union des fabricants.

Par 26 octobre 1998

Traquant les contrefaçons pour le compte des industriels, la cellule de veille a découvert il y a trois semaines un site non payant sur lequel étaient stockés 26 670 numéros de cartes de crédit dont...

Traquant les contrefaçons pour le compte des industriels, la cellule de
veille a découvert il y a trois semaines un site non payant sur lequel
étaient stockés 26 670 numéros de cartes de crédit dont 339 françaises
“c’est en traquant les contrefaçons de logiciels que nous sommes tombés
par hasard sur ce site, dont nous avons obtenu l’adresse via un canal
IRC”.
Sur ce site recelant quantité de logiciels contrefaits et un éditeur de
gravage de CD-ROM, les veilleurs ont découvert un répertoire de cartes de
crédit où figuraient non seulement les numéros et dates d’expiration, mais
les noms, prénoms, adresses et e-mail des titulaires.
La gendarmerie, saisie de l’affaire, a confié l’enquête préliminaire à sa
section de recherches de Paris. Le site s’est avéré être hébergé sur le
serveur d’une université slovène. Toutes les “victimes” françaises ont
été contactées. Une seule a porté plainte. Les enquêteurs tentent
désormais de déterminer comment un tel fichier a pu se retrouver en accès
libre sur Internet.
Cette découverte relance bien sûr le débat sur la sécurisation des moyens
de paiement sur Internet. Sollicitée pour réagir sur cette affaire,
l’Association française des banques se retourne vers le Groupement des
cartes bancaires qui s’avoue “préoccupé par l’émergence de ce type de
site”. Pour contrer ce type de fraude, il compte surtout sur la mise en
place d’une solution de sécurisation du paiement en ligne d’ici le
printemps prochain.
Les entreprises disposant d’un site Web s’affolent à l’idée que ce genre
de sites pirates ne provoque un vent de panique chez les internautes et ne
freine les premiers pas du commerce électronique en France.
Depuis quelques mois, on assiste à une augmentation importante du nombre
de détournements de numéros de cartes de crédit. Le parquet de Paris a
ainsi enregistré, en 18 mois, près de 400 plaintes. Dans 15 % des cas, les
numéros auraient été récupérés sur Internet. L’an dernier, le FBI a
intercepté à San Francisco un trafiquant cherchant à vendre pour un
million de F un CD-ROM crypté sur lequel étaient enregistrés 80 000
numéros de cartes de crédit capturés sur le Net …
L’AFUB pour sa part a recensé un million de français n’ayant jamais mis
les pieds sur le territoire américain dont le numéro de carte bancaire a
été frauduleusement utilisé aux Etats-Unis pour régler billets d’avion ou
nuits d’hôtels.
(Supplément radio-télé-multimédia Le Monde 25-26/10/1998)

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