La démocratie participative ne fonctionne que si elle est accompagnée

Par 22 mars 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Personnes autour d'un ordinateur

La communauté impliquée dans les décisions prises à l'échelle locale n'est pas encore une réalité. Les outils numériques facilitent son implication, mais il faut toutefois accompagner les citoyens et les inciter à prendre part aux projets.

Dans la démocratie participative, le citoyen a t-il plus de pouvoir ? Pas forcément. C'est du moins ce que montre une recherche menée par l'Economic and Social Research Council en Grande Bretagne. Et selon l'institut, cela viendrait en partie du fait que les villes auraient à faire face aux réticences même des citoyens à prendre part aux projets collectifs et aux responsabilités qu'ils impliquent. La popularisation de projets qui passent par des réseaux sociaux, comme l'initiative lancée à Sao Paulo, MyFunCity, et qui permet de donner son avis sur la qualité des services, ou qui se servent des données ouvertes pour apporter plus d'informations aux individus, peuvent-ils changer la donne ? Pour répondre à cette question, L'Atelier a interrogé Jean-Marie Bourgogne, chargé de la mission Montpellier Territoire Numérique. "Ces outils ont leur importance", confirme t-il. "Mais il faut également et avant tout des accompagnateurs qui peuvent aider les citoyens à les connaître et à les utiliser", ajoute t-il. Cela, sous peine de ne pas voir se créer d'engouement.

Un rapport difficile entre citoyens et décideurs

Autre difficulté soulignée par l'étude et qui fait que les citoyens ont du mal à s'impliquer : les rapports qu'entretiennent les différents acteurs. Les acteurs officiels seraient ainsi trop encadrés dans la planification et les process quand les citoyens seraient souvent trop éloignés des réalités du marché et des priorités. C'est pourquoi, précise Jean-Marie Bourgogne, "la ville doit aider les citoyens, en les appelant à participer, et prendre en compte leurs idées et leurs demandes, sans pour autant qu'il soit obligatoire de les suivre si cela n'est pas réalisable". Une fois tout cet encadrement mis en place, les outils sont nombreux : cela peut passer par des plates-formes de débat, l'utilisation de réseaux sociaux existants ou encore l'utilisation de la réalité augmentée pour imaginer, à travers une tablette, la ville de demain et transmettre cette vision au service de l'urbanisme. Un projet qui sera d'ailleurs développé par la ville de Montpellier. Ou encore grâce à la mise en place "d'un programme d'évaluation d'un projet pour en mesurer l'efficacité ou encore l'adapter". 

La nécessaire adaptation des programmes

Autre solution envisageable, intéresser des fractions de population et non les habitants d'une ville dans son ensemble. Si, comme le rappelle Jean-Marie Bourgogne, il n'existe pas un type de citoyen mais plusieurs - individu, association, entreprise - ils ne sont pas tous sensibles à toutes les problématiques. C'est pourquoi il est indispensable "de diversifier les appels à projets et de multiplier les animations pour toucher les différentes populations afin d'impliquer une communauté plus large petit à petit", précise t-il. Car la communauté participative se construit sur le long terme. A condition, toutefois, que les acteurs officiels, eux-mêmes, s'y impliquent. 

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