La "démocratie technologique" fait encore frémir les entreprises

Par 25 septembre 2009
Mots-clés : Smart city

Les générations nées dans l'ère numérique réclament l'utilisation des outils 2.0 pour leur travail. Cette intégration se heurte à la frilosité d'entreprises qui craignent d'être désorganisées.

Les collaborateurs sont désormais nombreux à revendiquer l'usage d'outils technologiques modernes - comme les wikis, les réseaux sociaux et les applications mobiles - pour mener leurs projets en entreprise. Cette revendication d'une "démocratie de la technologie" se heurte cependant encore à une résistance des entreprises : selon The Economist Intelligence Unit (EIU), qui publie un rapport sur le sujet*, près de la moitié des cadres européens interrogés annoncent que leur employeur est opposée à concéder à ses employés une plus grande liberté dans le choix et l'usage des technologies. Quant à l'autre moitié, elle semble prête mais ce n'est qu'en théorie. Selon l'EIU, cette évolution vers des outils popularisés par le grand public est inévitable, en partie sous la pression des "digital natives". D'où la nécessité pour les entreprises de mettre en place une politique d'intégration de ces outils et applications afin de faciliter la transition.
Former, publier des directives, encourager la collaboration entre départements
Première recommandation : publier des directives claires - et mises à jour régulièrement - quant à l'utilisation des supports technologiques. Selon l'EIU, ces directives doivent aussi préciser clairement les enjeux de l'usage des réseaux et médias sociaux : exiger des employés qu'ils ne mentionnent pas le nom de clients ou fournisseurs sans leur accord, qu'ils mentionnent clairement leur poste dans l'entreprise… Troisième prérequis : sensibiliser et former les collaborateurs. Il est également important d'apprendre à déléguer, notamment sur les aspects liés à la sécurité, qui doivent être gérés par des professionnels. Cinquièmement, l'EIU encourage les entreprises, et plus particulièrement celles de grande taille, à développer leurs propres réseaux et outils de travail collaboratif.
Une résistance face à l'inconnu
Enfin, il faut améliorer le dialogue entre les entités métier et les directions informatiques : les cadres sont souvent plus conscients que le département informatique des réels besoins de leurs équipes. Jusqu'à présent, les arguments de la résistance à cette "démocratie technologique" sont la baisse de la productivité, la fuite d'informations personnelles et une plus grande vulnérabilité aux virus. Notamment parce que l'arrivée des applications de réseautage et de communication a distrait un nombre important de collaborateurs, qui s'en servaient à des fins personnelles pendant leurs heures de travail. Les risques sont réels, mais l'EIU rappelle qu'une intégration harmonieuse et contrôlée d'outils 2.0 dans les processus de travail est aussi le meilleur moyen d'innover.
*Power to the people ? Managing technology democracy in the workplace

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas