Dépenses high-tech : l'Europe de l'Est menacée par la crise

Par 09 novembre 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

La récession économique pousse les gouvernements de cette région à réajuster leurs investissements. Les avancées dans l'e-gouvernement et le soutien européen devraient cependant perdurer.

Il y a peine plus d’un an, les grandes nations d’Europe Centrale et Orientale comptaient parmi les pays émergents les plus stables et prospères. La récession économique actuelle pourrait remettre cette avance technologique en question. C’est ce que révèle un rapport de l’Economist Intelligence Unit portant sur 17 pays d’Europe de l’Est. Cette région est en effet durement touchée : les analystes prévoient une contraction de l’économie de près de 6% pour 2009, soit presque deux points de plus que le recul anticipé pour la zone Euro. Les gouvernements n’ont donc plus les moyens de financer les politiques d’investissement qui avaient fait de la région un modèle de développement centré sur les nouvelles technologies. Les auteurs de l’étude soulignent cependant que la plupart de ces pays ne renoncent pas pour autant à toutes leurs initiatives. Les budgets déjà affectés sont souvent  réétudiés pour alimenter les projets qui ne nécessitent pas de dépenses massives.
Favoriser les projets existants
Les investissements se tournent ainsi surtout vers l’amélioration de projets existants. Ces pays étant à la pointe de l’e-gouvernement, ils cherchent par exemple à pousser plus loin leurs services dans ce domaine. La République Tchèque va ainsi lancer en 2011 une gestion électronique de ses finances. Autre avantage de cette orientation : elle se concentre sur des projets susceptibles d’engendrer des économies sur le court terme. Ce qui n’empêche pas les gouvernements de garder un oeil sur l’avenir. L’objectif de permettre un accès universel aux technologies numériques reste plus que jamais d’actualité. Les fonds proviennent majoritairement de l’Union Européenne et visent à desservir les zones rurales en accès à haut débit.
L’UE, principal support aux investissements
L’UE reste d’ailleurs le principal support financier au développement du numérique en Europe de l’Est. Etant donné leur situation, des pays comme la Lettonie ou la Lituanie ne seraient probablement pas en mesure de poursuivre leurs investissements high-tech sans ce soutien européen, soulignent ainsi les auteurs. Un soutien d’autant plus primordial que les gouvernements nationaux sont malmenés par la crise et peinent à définir une marche à suivre. Les réactions sont donc très contrastées selon les pays. Certains, comme l’Estonie, la Pologne ou la Russie, continuent de pousser le secteur des nouvelles technologies. D’autres réfrènent quelque peu leurs dépenses et favorisent les projets à court terme. Un dernier groupe composé de pays plus pauvres, comme l’Albanie, la Bosnie ou l’Ukraine, ont dû couper leurs dépenses et attendent la fin de la tempête.

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