Le désenclavement numérique des zones rurales

Par 01 septembre 2010 1 commentaire
Mots-clés : Europe

Le conducteur du taxi qui m'amène au Centre de Congrès d'Aurillac, au petit matin, ne peut être plus clair. Il m'explique que la plupart de ses proches sont partis de la région, pour des zones moins reculées, moins enclavées. Si le cadre est agréable, l'activité économique souffre de l'absence de grands axes de transport. Pas d'autoroute à moins d'une demi-heure, pas de lignes de train grande vitesse. Une situation qui semble presque désespérée.
Mais c'est justement l'enjeu des journées Ruralitic, qui se tiennent dans ce centre de Congrès. Face à l'enclavement géographique, le désenclavement numérique. En d'autres termes, comment utiliser les nouvelles technologies pour amener les entreprises à s'implanter dans des zones rurales ? Comment favoriser le haut voire le très haut débit, dans les coins les plus reculés, pour encourager notamment le télétravail ? "L'enclavement géographique amène à un consensus des collectivités territoriales", expliquent les élus présents pour la conférence plénière. "Il faut éviter que les territoires ruraux ne passent à côté de la grande évolution numérique", affirment-ils.
Problème : "qui paye ?". Cette question se trouve vite au cœur du débat. Entre les opérateurs et les collectivités, on sent bien qu'il y a une pomme de discorde. Le très haut débit ne parviendra pas dans les zones rurales sans l'intervention publique, mais cette dernière doit y trouver son compte également. Les opérateurs "ont besoin de visibilité". La notion de complémentarité apparaît donc incontournable. L'objectif étant à terme de "transformer des zones non rentables en zones très rentables".
Les débats qui suivent sont moins partisans. On parle d'e-éducation, d'entreprises innovantes, de TNT, de satellite, d'e-tourisme, de "juste débit", de fibre optique, etc.
Je rentre à Paris - douze heures de train aller-retour -, en me disant : qui sait ? Peut-être que dans dix ans, je déciderai de tout plaquer, pour aller vivre dans les environs d'Aurillac, là où le soleil brille en août, un vrai "trou de verdure où chante une rivière", et où le numérique finira par être pleinement accessible ?

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Soumis par Twitted by basiloo (non vérifié) - le 01 septembre 2010 à 17h02

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