Détecter les émotions sur Facebook pour un e-learning plus adapté

Par 19 janvier 2015 1 commentaire
humeur et Facebook pour le e-learning

À Madrid, des spécialistes du langage informatique ont créé une application pour comprendre les émotions des utilisateurs Facebook. L’objectif selon eux est d’améliorer l’apprentissage en ligne.

On était déjà familier des différents systèmes de détection des émotions pour le marketing, la smart city voire la lecture. Des chercheurs de l’Université autonome de Madrid ont eu l’idée d’appliquer ces technologies au e-learning. Ils ont développé une application baptisée Sentbuk capable d’identifier les émotions des utilisateurs en analysant leurs statuts Facebook. “Sentbuk est une application externe à Facebook qui, avec l’autorisation des utilisateurs, analyse les messages qu’il ou elle publie et en déduit son état émotionnel. L’outil se base sur deux algorithmes : le premier calcule la charge émotionnelle de chaque message et le classifie (positif, négatif ou neutre). Le second déduit l’état émotionnel en comparant avec la tendance des messages précédents.” explique Álvaro Ortigosa, directeur du Centre national sur la cyber-sécurité et chef du projet Sentbuk. Les concepteurs affirment qu’une telle application serait censée améliorer l’apprentissage connecté.

Les enseignants s’adaptent aux émotions des élèves

Le domaine du e-learning bénéficierait d’une analyse en temps réel des émotions des élèves afin de mieux s’adapter. Une sorte de “thermomètre” pour les enseignants à distance selon Álvaro Ortigosa. Ceux-ci auraient ainsi la possibilité d’adapter leurs cours : proposer un contenu plus interactif lorsque le moral est au plus bas par exemple. En fait l’outil permettrait de combler le manque principal du e-learning : le face à face entre étudiants et professeurs. Ce n’est cependant pas la première fois que l’idée d’identifier les émotions pour adapter l’apprentissage en ligne fait son apparition. Dès 2009, une équipe de chercheurs chinois voulait interpréter les émotions des étudiants avec caméras, microphones et capteurs. Leur but avaient alors été de comprendre les différentes phases émotionnelles d’un apprentissage afin d’améliorer le e-learning. L’équipe d’Álvaro Ortigosa va plus loin en voulant adapter en temps réel l’enseignement à l’humeur des élèves.

D’autres applications possibles ?

Même s’il est le premier domaine envisagé, le e-learning n’est pas le seul champs qui pourrait bénéficier d’un outil d’identification des émotions via Facebook. En fait plusieurs marketeurs pourraient être intéressés par ce type de retour d’expérience en temps réel. L’idée serait notamment d’obtenir les émotions suscitées par un produit. Reste que pour le moment l’application est limitée par l’autorisation que doivent donner les utilisateurs. Et si beaucoup peuvent être prompts à donner l’accès pour améliorer leurs cours en ligne, il y a peu de chances pour qu’un grand nombre d’utilisateurs soit prêt à offrir – en plus des nombreuses données fournies à Facebook à leur insu ou pas – ce type d’informations à des équipes marketing. D’autant que des recherches avaient déjà été menées pour analyser les émotions des consommateurs sur les réseaux sociaux. L’outil développé par les chercheurs espagnols pose donc inconsciemment la question de l’utilisation des données. En effet si l’application Sentbuk préfère avoir l’autorisation des utilisateurs avant d’analyser les statuts individuellement, d’autres méthodes d’analyse plus globale ne s'embarrassent pas d’une telle contrainte.

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1 Commentaire

Bonjour,

Merci pour votre article, très intéressant. Cependant, je souhaiterais apporter une petite précision.

"Ceux-ci auraient ainsi la possibilité d’adapter leurs cours : proposer un contenu plus interactif lorsque le moral est au plus bas par exemple". Cette phrase m'ayant interpelée, je suis allée voir l'article original. En effet, en la lisant je me suis dit que l'enseignant devrait avoir son cours dans de multiples formats, ce qui me semble compliqué.

La lecture de l'article original précise qu'il s'agit d'activités avec moins de contenu "pédagogique" dans le but de motiver l'apprenant => In these situations, by contrast, “activities with less pedagogical content but designed to motivate students could be assigned.”

Je pense que cette précision est importante pour comprendre l'intérêt de ce travail, notamment pour réduire l'abandon, plus élevé dans les formations à distance.

Bonne journée.

Elodie

Soumis par Elodie vaugier (non vérifié) - le 20 janvier 2015 à 14h42

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