La détection du cancer par analyse sanguine suscite l’intérêt des start-ups

Par 21 janvier 2016
Mots-clés : e-Health, Amériques, cancer, Asie, EMEA
Test d'analyse sanguine

La détection de cellules tumorales par analyse sanguine suscite l’enthousiasme de la communauté scientifique, mais aussi des investisseurs et des entrepreneurs de la e-santé.

Le prélèvement sanguin semble bel et bien en passe de s’imposer comme une méthode efficace pour la détection du cancer. Après la start-up Grail, qui avait mi-janvier reçu des fonds de Bill Gates et Jeff Bezos pour développer cette technologie, c’est au tour de Guardant Health, jeune pousse de la Silicon Valley, de susciter l’intérêt des investisseurs. La start-up a en effet levé 100 millions de dollars pour perfectionner son logiciel d’analyse ADN, baptisé Guardant360, capable de détecter de petits fragments de cellules cancéreuses dans un prélèvement sanguin.

La technique traditionnellement employée est celle de la biopsie, prélèvement d’une petite partie d’un organe ou d’un tissu pour effectuer des examens susceptibles de révéler la présence ou non d’un cancer. Cette technique a pour inconvénient d’être assez lourde et coûteuse pour le patient. Il existe également un risque de complications. Elle n’est ainsi en général utilisée qu’une à deux fois durant le traitement du patient, ce qui ne permet pas de constater graduellement comment la maladie réagit au traitement. Le prélèvement sanguin permettrait en outre de repérer des cancers à un stade plus précoce que ne le permettent les biopsies.

Des avancées scientifiques constantes

L’idée de recourir aux tests sanguins pour améliorer la détection du cancer ne date pas d’hier. La méthode remonte aux années 1990, période durant laquelle les scientifiques ont découvert que le sang d’un patient atteint du cancer comporte des cellules tumorales. La difficulté consiste à isoler ces dernières, bien moins nombreuses que les cellules saines, ce qui nécessite un test extrêmement sensible.

De nombreux progrès ont été réalisés en la matière au fil des années. En 2014, l’entreprise française Rarecells Diagnostic a effectué des tests concluants sur plus de 200 patients. Début 2015, en France, toujours, l‘Institut Curie a à son tour effectué des essais cliniques concluants. Guardant fut l’un des premiers à apporter cette technologie dans les hôpitaux américains. Elle affirme aujourd’hui que Guardant360 est utilisées par 20 000 patients chaque année. La technique en est malgré tout encore à ses balbutiements, et la biopsie demeure à l’heure actuelle la méthode la plus fiable et la plus utilisée.

Un marché déjà concurrentiel

Le coût de la technique mise au point par Guardant Health demeure en outre élevé (5 400 dollars par patient). D’autant que, bien que le marché soit encore jeune, la concurrence est déjà rude. Outre la start-up Grail, citée plus haut, de nombreux acteurs développent aujourd’hui leur propre technologie pour la détection du cancer via prélèvements sanguins. Citons notamment Genomic Health, RainDance Technologies, ou encore le californien Trovagene, qui combine test d’urine et prélèvement sanguin.

La probabilité de guérir d’un cancer dépend en grande partie du stade auquel celui-ci est détecté. Un diagnostic plus en amont permettrait donc de sauver de nombreuses vies, d’où l’intérêt que suscite cette méthode au sein de la communauté scientifique, mais aussi parmi les investisseurs et acteurs de la e-santé.

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