Deutsche Telekom et Telecom Italia confirment leur projet de fusion.

Par 20 avril 1999
Mots-clés : Digital Working, Europe

La plus grande fusion de l'histoire des télécommunications européennes, préparée dans le plus grand secret depuis quelques semaines entre l'allemand Deutsche Telekom et l'italien Telecom Italia, e...

La plus grande fusion de l'histoire des télécommunications européennes,
préparée dans le plus grand secret depuis quelques semaines entre
l'allemand Deutsche Telekom et l'italien Telecom Italia, est aujourd'hui
l'objet d'un bras de fer entre Franco Bernabé et le gouvernement italien.
Alors que les pouvoirs publics décidaient d'une réunion interministérielle
demain sur les conditions d'utilisation de leur "golden share", l'annonce
officielle de cette fusion, qui devait intervenir aujourd'hui, a été
reportée in extremis.
Les conditions de l'Italie à une éventuelle OPE ont été fixées hier par le
Premier ministre italien, Massimo d'Alema. Sans écarter que son
gouvernement puisse utiliser son droit de veto "la golden share s'utilise
sans s'annoncer", le président du Conseil italien a indiqué "nous ne
pouvons imaginer qu'une société privatisée, Telecom Italia, puisse se
fondre avec une société qui a pour actionnaire de référence l'Etat
allemand".
Le gouvernement italien demande surtout qu'un éventuel accord entre les
deux société ait "un caractère paritaire". Le Premier ministre italien
s'est déclaré "intéressé" par la constitution d'une nouvelle société entre
Telecom Italia et Deutsche Telekom, tout en souhaitant au préalable une
privatisation de Deutsche Telekom.
Le directeur général d'Olivetti, Roberto Colaninno, a hier "reconfirmé son
intention de poursuivre son OPA sur Telecom italia selon les termes déjà
annoncés". Selon le calendrier fixé par la Consob, cette OPA doit être
lancée à partir du 30 avril prochain. Face aux hypothèses d'alliance avec
Deutsche Telekom, Roberto Colaninno poursuit "Olivetti n'est pas en
mesure, dans l'état actuel, d'exprimer un quelconque jugement de fond",
mais "est d'accord" avec les "conditions irrévocables" fixées par le
gouvernement italien (parité et privatisation de Deutsche Telekom).
Sans prendre en compte la filiale de téléphonie mobile de l'italien, TIM,
le rapprochement des deux opérateurs dépasserait les 166 milliards d'euros
(1 088 milliards de F). Cet éventuel mariage n'a pas provoqué
d'enthousiasme en Bourse. Le cours de Deutsche Telekom a perdu hier 0,05 %
à 37,86 euros, tandis que Telecom Italia et TIM ont vu leur cotation
suspendue à Milan.
(Les Echos - La Tribune - Le Figaro - Libération - 20/04/1999)

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