Développement d'applications : une affaire de données ou de connectivité ?

Par 10 octobre 2011
usignite

Six villes américaines se rapprochent pour créer des îlots de connectivité très haut-débit. L'un des buts est de susciter la création d'applications innovantes. Un constat pas forcément valable en France.

Les Etats-Unis expérimentent actuellement à travers le pays l'installation d'îlots de connectivité très haut-débit dans les villes de Cleveland, Chattanooga, Lafayette, Philadelphie, Salt Lake City et Washington grâce à la fibre optique. Le gouvernement souhaite à présent relier progressivement ces zones entre elles, au sein d'un gigantesque réseau appelé US Ignite, proposant des débits en upload et download allant jusqu'à 1 Go par seconde. Les autorités espèrent ainsi que cela suscitera chez les développeurs l'envie de créer des applications pouvant bénéficier à un nombre croissant de citoyens. Reste à savoir si une telle initiative permettrait, en France par exemple, de faire avancer les projets gouvernementaux d'open data.

Un intérêt pour l'instant limité pour les citoyens

"C'est faisable à l'heure actuelle mais l'intérêt pour les citoyens serait limité. Les usagers réclament des e-services sur les transports et la culture notamment mais localisés, territoriaux, pas à l'échelle nationale", explique à L'Atelier Jean-Marie Bourgogne, chargé de mission Montpellier Numérique. En effet, selon lui, si ce type de mesures permettrait de renforcer les échanges opérationnels entre les villes, la majorité des applications n'ont pas besoin du haut-débit pour fonctionner, à quelques exceptions près : "Ce serait utile pour la recherche par exemple où un gros volume de données transférées est nécessaire. La télémédecine pourrait également en profiter, le transfert d'imageries numériques serait alors possible".

Des financements cumulés plus attractifs

A noter que pour promouvoir la création d'applications utilisant à plein la fibre optique aux Etats-Unis, la Fondation Nationale des Sciences a décidé de récompenser entre 6 et 8 des meilleurs projets, à hauteur de 400 000 dollars chacun. C'est au niveau du financement des applications que la création de grands réseaux pourrait prendre tout son sens : "Si des villes se réunissent et font des concours communs, ce sera beaucoup plus simple de soutenir les bonnes idées. Les entreprises auront beaucoup plus à y gagner puisqu'elles pourront toucher plusieurs marchés différents aux quatre coins du pays.", précise Jean-Marie Bourgogne. Elles pourront également organiser plus facilement des appels d'offres permanents et éviter l'afflux erratique de nouvelles applications.

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