"Le développement d'un environnement NFC ne doit pas s'emballer"

Par 07 octobre 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour permettre la mise en place d'un environnement de communication Machine2Machine, la NFC s'annonce comme une solution viable et performante. Mais au cadre légal encore en développement.

Entretien avec Serge Ferré, vice-président de Nokia Europe.
L’Atelier : Quand on parle d’Internet des objets, à quels usages pense t-on ?
Serge Ferré : On n’imagine pas encore la multiplicité des usages qui découleront de cette connexion des objets. Si l’on se prêtait au jeu, on serait en retrait par rapport aux bénéfices qui se dessineront peu à peu. Ce qui est important aujourd’hui, c’est de s’assurer que les applications mises en place sont standardisées et ouvertes. Car quand une application est verticale, les bénéfices sont réduits : elle dépend en effet d’un fournisseur, d’un carcan. Je prends l’exemple de la carte de crédit. Si les services NFC qu’elle propose sont rattachés à une unique banque, elle ne marchera pas dans une boutique où le commerçant n’est pas affilié. Pour chaque application, la chaîne globale doit être accessible à l’utilisateur.
Où en est-on aujourd’hui au niveau de la standardisation et de l’harmonisation du marché ?
Toute la complexité est d’imbriquer les applications avec leurs obligations d’ouverture. Je dois avouer que nous en sommes encore au stade de l’expérimentation.
En marge des problèmes de standards, n’y-a-t-il pas également une question de sécurité à régler ?
Tout à fait. Il nous faut trouver les moyens de permettre au consommateur d’activer, de désactiver et de réactiver les plages d’informations captées par le lecteur RFID intégré à son téléphone, par exemple. Nous sommes en train de passer d’un système primitif à un système d’architectures. Avec un pré-requis : le consommateur doit y trouver son compte. Il existe ainsi des applications qui sont économiquement justifiables mais qui ne le sont pas forcément socialement. Notamment au niveau des risques d’identification : où vont les données captées, etc. Pour Nokia, ce sujet est une grande préoccupation. Nous fabriquons quatre millions de combinés par an, imaginez une class action contre nous. Les professionnels du secteur doivent veiller à ce que le développement ne s’emballe pas. Une bonne gouvernance doit être établie, et les standards ne doivent pas être propriétaires.
Quel est le rôle du téléphone au milieu de cet environnement d’objets connectés 
Un téléphone est loin d’être un seul moyen de communication humain : il est un objet qui fait communiquer des données et des personnes dans un contexte. A l’heure du sans-contact, et de la communication Machine2Machine, il permet à la technologie de ne pas être déshumanisée.
Mathilde Cristiani, envoyé spécial de L’Atelier à Nice

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