Directe ou à distance, l’intelligence collective naît de la prise en compte des émotions

Par 09 février 2015 2 commentaires
l’intelligence collective naît de la prise en compte des émotions

Les groupes de travail sont plus efficaces si les membres du groupe prennent notamment en compte l'état émotionnel de chacun. Ceci est aussi valable à l'heure où les technologies numériques facilitent les interactions à distance.

Peut-on affirmer que certains groupes sont plus « intelligents » que d’autres, tout comme on pourrait le faire pour les individus? Oui, soulignaient des chercheurs du MIT dans une première étude datée de 2010. Ces derniers rappelaient que c’est la capacité à collaborer qui fait l’intelligence collective. Ce qui est intéressant dans ce rapport, c’est qu’ils revenaient également sur le fait que la collaboration repose aussi sur l’empathie : capacité à observer et analyser les états émotionnels complexes, répartition équitable de la parole... Qu’en est-il quand le groupe de travail collabore à distance ? Apparemment, les ingrédients pour une collaboration réussie sont exactement les mêmes, et arrivent à être répliqués en ligne.

L'intelligence collective supplante l'intelligence individuelle

La même équipe vient en effet de mener une nouvelle expérience, en y intégrant le concept du numérique. 68 équipes ont réalisé les mêmes épreuves que lors de la précédente expérience à une exception près : la moitié des équipes étaient en contact physique direct, l’autre moitié travaillait à distance en ligne grâce aux plateformes collaboratives Skype et Google Drive. L’expérience révèle qu'en dépit de l'absence d'interactions physiques directes, les groupes ont manifesté une forme d’intelligence collective. Les résultats de l’expérience sont extrêmement similaires pour les groupes en contact physique et ceux en contact virtuel. Pour observer les capacités d’analyses des différents groupes, les chercheurs les ont soumis au test RME (Reading the Mind in the Eye), où il s’agit d’observer des images d’yeux et d’y associer une émotion.

Des résultats confirmés même en présence des évolutions digitales

Les résultats des tests RME sont déterminants en ce qui concerne la réussite d’un groupe : ceux-ci représentent de forts indicateurs de la présence d’intelligence collective au sein d’un groupe, même quand celui-ci ne travaille pas en face à face. De bons résultats au test RME révèlent des capacités de théorisation de l’esprit : capacités qui s’avèrent déterminantes notamment pour un groupe dont les membres ne sont pas en contact physique. Le test RME mesure non seulement la capacité à décrypter les émotions, mais aussi la faculté à « lire entre les lignes » ce qui expliquerait la facilité des groupes interagissant textuellement à faire preuve d’intelligence collective tout autant que les groupes en contact physique. La comparaison des deux études menées à quatre ans d’écart permet d’affirmer que le numérique n’affecterait en aucun cas l’efficacité d’un groupe de travail, car la productivité de celui-ci réside dans ses aptitudes à communiquer et à analyser les émotions. Ces principes-clés ne devraient d'ailleurs jamais quitter l'esprit des collaborateurs en entreprise car ces outils sont à même de transcender la performance ainsi que la productivité de leurs équipes.

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2 Commentaires

Merci pour ce relais d'infos.
Je pense aussi que les intelligences socio-relationnelle et émotionnelle facilitent grandement les coopérations, et que sur la plupart des tâches théoriques (sudoku, rédaction de textes, conception de plans, etc...), les relations directes ne jouent pas.
Néanmoins, je crois qu'à terme, une intelligence collective humaine vraiment intégrée aux écosystèmes ne saura se passer des dimensions interpersonnelles spatiales et kinesthésiques que les connexions numériques ne permettent pas. Attention à ne pas demander aux nouvelles technologies ce qu'elles ne sauraient permettre seules (comme par exemple le surgissement d'une permaculture), quoiqu'elles puissent certes y contribuer.

Soumis par Amans (non vérifié) - le 09 février 2015 à 15h57

Tout à fait d'accord, si cela confirme bien l'importance des émotions et de l'empathie dans la construction d'une intelligence collective, y compris à distance, les interactions physiques permettent néanmoins de faciliter l'expression et le décryptage de ces émotions, ne serait-ce parce que la palette des signes utilisés, verbaux ou non verbaux, est potentiellement beaucoup plus large.

Soumis par Elsa Collet (non vérifié) - le 21 février 2015 à 06h55

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