La discrimination raciale en ligne rend dépressif

Par 16 janvier 2009

Le web n'échappe pas à la discrimination raciale. Dans le public adolescent, ces propos susciteraient anxiété et phases dépressives.

La communication virtuelle n'estompe pas les problèmes de discrimination liés à l'origine ethnique. Voilà pour le premier problème, souligné par l'université de l'Illinois. Le second, c'est que de nombreux internautes, dont un certain nombre sont des adolescents, se retrouvent confrontés à cette violence. Or ces derniers sont plus fragiles émotionnellement. "Depuis que les personnes de couleur sont victimes de discrimination à la fois en direct et en ligne, il devenait évident d'étudier quel était l'impact émotionnel de ces attaques dématérialisées", explique Brendesha Tynes, la responsable de l'enquête. Et selon elle, de telles expériences suscitent chez les jeunes une anxiété et des phases dépressives.
Trois quarts des jeunes Afro-Américains victimes de discrimination online
Des états émotionnels d'autant plus importants à cerner que les contenus racistes sur Internet ne sont pas autant contrôlés que ceux qui sont à caractère pornographique. Pour parvenir à ces conclusions, la chercheuse s'est d'abord intéressée à la fréquence de parution de contenu discriminatoire, avant de s'intéresser aux réactions sur la Toile des jeunes qui y sont confrontés. Réactions qu'elle baptise de manifestations de victimisation en ligne. Résultats : près des trois quarts des adolescents au type afro-américain et européen, et les trois cinquièmes de ceux issus d'autres ethnies annoncent avoir déjà lu des propos discriminants. Entre un et deux tiers d'entre eux en ont été directement victimes. L'impact émotionnel et physique semblant plus fort chez les publics afro-américains et latins qu'européens.
Les groupes extrémistes recrutent sur le web
Et selon elle, ces jeunes perçoivent ces attaques avec autant de force que si elles avaient été proférées face à face. La preuve via les mediums sur lesquels ils s'expriment - messagerie instantanée, forums de discussion, réseaux sociaux... - et qui sont logiquement les mêmes que ceux sur lesquels ils subissent des remarques discriminantes. Les propos blessants et xénophobes ne sont pas les seules menaces à craindre sur le Net : selon Brendesha Tynes, les groupes de personnes aux convictions basées sur la haine sont de plus en plus nombreuses à recruter des jeunes en réalisant des sites au design enfantin. "Il s'agit de sites au caractère raciste masqué qui utilisent un appât pour attirer un public qui ne soupçonne rien".

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