[Doctors 2.0] Quelle relation médecin-patient 2.0 sur les réseaux sociaux ?

Par 09 juin 2015
Mots-clés : e-Health, Facebook, Europe, EMEA
professionnels de la santé & réseaux sociaux

Les groupes Facebook dédiés à la santé, largement plébiscités par leurs utilisateurs, auraient tout intérêt à être rejoints par des professionnels, pour un sens du dialogue et du collaboratif accentué.

84 % des citoyens français auraient accès à Internet*. 84 % de personnes qui ont déjà été malades dans leur vie, que ce soit de manière ponctuelle ou permanente. Difficile de nier qu’en 2015, une majorité d’entre eux consultent internet fréquemment pour effectuer des recherches d’informations médicales et, plus particulièrement, les réseaux sociaux qui constituent une sorte de version améliorée des forums médicaux qui permettaient d’ores et déjà aux patients d’échanger, ainsi qu’un refuge et une source d’information abondante pour beaucoup.

C’est ce que confirme l’étude** présentée en avant première lors du salon Doctors 2.0 et menée par le médecin Didier Mennecier, praticien hospitalier mais aussi hépatogastroentérologue et addictologue du service de Santé des Armées, actuellement modérateur du groupe Facebook « Vivre avec le Crohn » crée par Martine Moreira. C’est aux 4 000 membres du groupe que s’est adressé le médecin, lorsqu’il a voulu quantifier l’importance du groupe pour ses membres et surtout quelle place celui-ci occupait par rapport au praticien. Et si le pouvoir “thérapeutique” des réseaux sociaux semble se confirmer à travers cette étude, un point noir subsiste néanmoins : l’adoption de ces même réseaux par les professionnels.

Où sont les professionnels ?

En effet, l’étude révèle une certaine hésitation de la part des patients à aborder leur présence sur un groupe Facebook avec leur médecin traitant. Une majorité pense que cela n’intéresserait pas leur praticien (341 réponses) quand d’autres estiment que cette information ne regardent qu’eux (291 réponses). Au contraire, lorsque certains patients (266 réponses) ont osé aborder ce sujet avec leur praticien, les réactions s’avèrent plutôt mitigées : 51 % des praticiens trouvent cette pratique « intéressante » sans demander plus d’informations, 11 % déconseillent l’usage de ce genre de groupe, et 6% trouvent même cela dangereux. Des réactions qui pèsent lourd face au 32 % de professionnels qui estiment l’utilisation des réseaux sociaux comme une très bonne chose. Pourtant, les utilisateurs des réseaux sociaux constituent un public averti puisque pour une majorité des répondants (79 %), les informations trouvées sur les réseaux sociaux font office de simple complément aux informations fournies par le médecin, et ne sont 100 % fiable que pour 31 % des sondés. Une précaution subsiste donc pour 37 % d’entre eux. 

 

Un groupe Facebook qui, pour une majorité de membres (576 réponses), constitue le meilleur moyen d’obtenir des informations sur le vécu d’autres malades, et qui, pour beaucoup d’entre eux, gagnerait à être fréquenté par des professionnels afin de privilégier le contact direct avec un médecin par le biais de Facebook (478 réponses). Car à 70 %, ces échanges entre malades rassurent les patients à tel point que 98 % d’entre eux conseilleraient ce type de groupe à d’autres personnes malades. Une étude qui permet donc de révéler que, bien que les patients gardent une confiance certaine en leur médecins, ceux ci souhaiteraient plus d’échange et de participation des médecins sur la base de ces outils digitaux, qui constituent une réelle source d’information et de réconfort.

Une utilisation plus que régulière

Au terme des recherches du Docteur Mennecier, une révélation quant à la fréquence d’utilisation du groupe Facebook, qui s’avère quasi quotidienne pour une majorité d’utilisateurs (514 réponses) : une utilisation qui traduit un réel besoin d’information de la part des patients. Des patients d’ailleurs ultra-digitalisés, qui consultent le groupe Facebook à la fois sur ordinateur, tablette, et téléphone (à 28 %). En plus de cette utilisation intensive, la population qui compose le groupe Facebook ne se contente plus d’être spectatrice mais bien actrice de ce petit théâtre : en effet, près de 46 % des utilisateurs posent des questions sur le groupe et se chargent aussi de répondre à celles des autres membres, contre 36 % des membres qui se contentent de lire les échange. La prise de parole se voit donc facilitée sur les réseaux sociaux, maintenant devenus de réels outils d’expression populaire. Pour preuve, 69 % des membres estiment que Facebook fonctionne mieux qu’un forum de discussion classique en ce qui concerne la capacité à échanger.

À travers ces mêmes échanges, des attentes particulières : une très large majorité des membres recherchent avant tout des informations sur le vécu des personnes atteintes de la même maladie qu’eux (807 réponses), des informations précieuses que les médecins sont rarement en mesure d’apporter aux malades. Ce sont des rapports humains que cherchent principalement les patients : avec pour 557 d’entre eux, une volonté d’obtenir du soutien et de l’aide, mais aussi des informations plus techniques comme les effets de certains médicaments (610 réponses). En effet pour 33 % des sondés, le groupe permet en majeur partie de pouvoir discuter avec des malades qui comprennent ce qu’ils ressentent au quotidien.

 

*Selon une étude de WeAreSocial réalisée en Janvier 2015

**Composé de 28 questions réparties dans différents thèmes, le questionnaire obtint 965 réponses pendant les deux mois durant lesquels il fut proposé en ligne (du 25 février au 13 avril 2015). Parmi les participants, 85% de femmes situées dans la tranche d’âge 26-35 ans pour la majorité.

 

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