La documentation juridique repensée comme une encyclopédie ouverte et collaborative

Par 04 septembre 2013
Documentation juridique en ligne

Une banque de données inspirée par Wikipedia et mise à jour par des professionnels du droit perturbe l'industrie de l'information juridique.

Les avocats, pour mener au mieux des dossiers complexes, ont recours en permanence à des intermédiaires qui leur fournissent des rapports annotés rendant compte des dernières évolutions de la jurisprudence. Ces services de documentation, indispensables à la pratique du droit, coûtent chaque année plusieurs milliards de dollars aux cabinets d'avocats; ces services s'appuyant pourtant sur des données publiques pratiquent des grilles tarifaires rigides et extrêmement élevées. Ces services sont tout particulièrement essentiels aux Etats-Unis où le droit est essentiellement jurisprudentiel et donc en constant renouvellement. Face à cette industrie opérée par deux grands cabinets,Lexis et Westlaw, Casetext, propose une alternative fonctionnant sur le principe du crowdsourcing à la manière de Wikipedia.

Une interface ouverte et collaborative

Fondé par deux avocats et issu de l'incubateur de startup Y Combinator, Casetext se propose d'ouvrir l'industrie de la documentation juridique grâce au crowdsourcing et au savoir de professionnels du droit. Le principe est de rendre accessible plus d'un million de cas et d'annotations gratuitement en ligne, et surtout d'encourager les utilisateurs à mettre à jour le contenu selon leurs domaines d'expertise, et en permanence. Le contenu général de Casetext est entièrement gratuit, mais l'entreprise a annoncé vouloir proposer des services premium permettant au site de s'assurer une viabilité financière. Si Casetext fonctionne à la manière de Wikipedia, les enjeux sont tout autres: pour convaincre les professionnels du droit, la start-up doit d'une part proposer un contenu à la qualité irréprochable et étendre son champ d'expertise.

Plus de sécurité et de spécialisation

Pour l'instant le site ne prend en compte que les cas traités au niveau fédéral et dans le Delaware mais vise à étendre sa concentration géographique aux deux Etats les plus juridiquement dynamiques, New York et la Californie. De même pour s'assurer de la qualité du contenu proposé, CaseText impose aux utilisateurs de publier sous leur vrai nom afin de limiter les contributions malveillantes et ainsi renforcer la réputation du site auprès des professionnels. De nombreux professeurs de droit prestigieux ont déjà apporté des annotations au site. Casetext est enfin le révélateur d'une véritable remise en question des pratiques du droit, une industrie traditionnelle et encore très rigide. Ainsi la plateforme de conseils juridiques UpCounsel ou Ravel proposant des services d'information juridique en ligne similaires à Casetext rendent la pratique du droit plus flexible et moins onéreuse.

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