Données personnelles : les dirigeants en faveur d’une exploitation responsable et régulée

Par 20 septembre 2013
données personnelles

Alors que les consommateurs voient d’un œil inquiet l’exploitation des données qu’ils consentent (ou non) à donner, les dirigeants des entreprises françaises semblent conscients de l’enjeu de confidentialité et seraient en faveur d’une meilleure régulation.

A l’heure où les pressions de rentabilité à court terme ne semblent jamais avoir été si pressantes, le recours à la vente de données récoltées sur ses clients semble être une manne facilement monétisable pour les entreprises. Cependant, cette solution ne paraît pas envisagée par les dirigeants d’entreprises, conscients de la valeur stratégique de la data. En effet, selon un sondage IFOP commanditée à l’occasion de la présentation hier du groupe Makazi (résultat de la fusion de Gamned ! Score MD et Graph Insider et anciennement LeadMedia), il apparaît que 81% des chefs d’entreprise jugent les risques juridiques liés à l’utilisation des données personnelles élevées. Dès lors, les entreprises seraient en faveur de développer des bonnes pratiques afin de profiter des opportunités offertes par les données personnelles. De même, le risque d’image est également une préoccupation sur le sujet.

Un cadre législatif accepté sans toutefois être bien connu.

Ainsi si 47% des interrogés déclarent connaître « assez bien » le cadre législatif, ils sont deux sur cinq à reconnaître leurs lacunes en la matière. Dans ce contexte, ils se montrent plutôt favorables à un renforcement de la réglementation. En effet, seuls 22% d’entre eux considèrent que l’importance prêtée à la confidentialité ou à l’anonymat des données personnelles est excessive. Seul l’excès des formalités administratives semble ici pointé du doigt. Car lorsque l’on parle  de données personnelles, cela évoque à 46% des dirigeants d’entreprises, l’éthique et à 30%, la transparence. Ainsi 77% des interrogés ne pensent pas que la régulation soit trop forte à ce sujet. Par ailleurs, la conscience citoyenne des entreprises n’est pas altruiste. C’est la bonne utilisation de ces données qui répondrait aux impératifs de performance. Ainsi, pour Pierre Berendes, Digital Marketing & Ecommerce Manager chez Orange Suisse, il est « impensable de revendre des données de clients. Il existe une véritable notion de coffre fort».

Une conscience citoyenne n’empêchant pas d’envisager une potentielle création de valeur

La seconde idée venant à l’esprit des dirigeants lorsque l’on évoque le terme données personnelles à attrait aux opportunités commerciales. 32% y voient prioritairement une opportunité de marché et 22% une opportunité d’innovation. De même, 84% des dirigeants verraient l’utilisation des données personnelles comme une opportunité pour conquérir de nouveaux clients et le fidéliser et 87% pensent qu’une bonne utilisation des données personnelles peut être très positive pour la valorisation financière d’une entreprise. Cette exploitation semble également constituer un nouveau levier de croissance et de performance, une possibilité de différenciation par rapport aux concurrents et enfin une potentielle valorisation de l’entreprise. « Notre ambition est de construire un patrimoine Data. Nous voulons éviter le rejet en ciblant nos clients grâce à la pertinence », explique Quentin Poizat, Directeur e-Commerce de Mondial Assistance.

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