Comment donner une mémoire aux expériences vécues sur le web ?

Par 02 mars 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour ne pas perdre le souvenir des contenus fugaces - textes laissés sur un réseau social, témoignages de joueurs dans des univers virtuels... - laissés sur Internet, un britannique travaille sur une archive numérique.

"La génération qui s'est incarnée dans la télévision a ensuite dû se contenter du nombre d'archives très restreint laissé par les producteurs et les diffuseurs de l'époque", déplore auprès de L'Atelier Thomas Abba, de l'université de l'Ouest de l'Angleterre. "Je tiens à ce que nous ne fassions pas la même erreur avec Internet". Le chercheur vient de se voir attribuer une bourse pour réfléchir à la mise en place d'une archive numérique. Son travail concernera tout particulièrement le contenu dont l'existence est limitée au web, sans équivalent imprimé ou enregistré sur un support physique. Cela touchera aussi les expériences en ligne et pourquoi pas les univers virtuels. "Il faudra réfléchir à la nature de ce qui sera archivé : des écrits décrivant le contenu considéré, le témoignage des joueurs... et la manière dont il faudra les gérer".
Archiver les expériences en ligne ?
De la réponse à ces questions dépendra la forme de la bibliothèque numérique en elle-même. Le chercheur imagine un site référençant tous les travaux. Un tel projet est de nature à intéresser les entreprises qui trouveraient là une nouvelle source d'information à consulter, explique Thomas Abba. "Le potentiel du partage de connaissances entre les entreprises et les lieux d'enseignement est très important", insiste-t-il. "Une telle ressource serait très précieuse". La question d'un archivage du contenu web pose aussi des questions éthiques qui n'ont pas échappé au chercheur. "La mémoire numérique présente ses propres problèmes", explique-t-il.
Des questions éthiques
"L'absence d'oubli, par exemple. Nous documentons notre vie sur des sites comme Facebook sans nécessairement réfléchir à l'influence de notre vie numérique sur notre vie réelle dans le monde physique". Pour lui, la capacité à nous souvenir de manière sélective des évènements nous permet de comprendre qui nous sommes. "La mémoire de la société se transmet de plus en plus de manière numérique", explique Thomas Abba. "La question est de savoir ce que nous allons faire de cette mémoire alors qu'elle devient de plus en plus publique", conclut-il. Le projet impliquera des universités, des entreprises et des bibliothèques de toute l'Europe.

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