Dublin, la Silicon Valley de l'Irlande. La société Iona, créée en 1991

Par 18 août 1997

sur le campus de Trinity College, la grande université de Dublin, n'a rien à envier à ses soeurs californiennes. Introduite sur la bourse new-yorkaise en début d'année, ses six fondateurs sont deven...

sur le campus de Trinity College, la grande université de Dublin, n'a rien
à envier à ses soeurs californiennes. Introduite sur la bourse
new-yorkaise en début d'année, ses six fondateurs sont devenus
milliardaires. Comme l'explique Colin Newman, directeur du marketing et
vice-président de Iona "Iona a inventé un software qui permet de relier
tous les softwares" "une "colle" qui permet d'utiliser des applications ou
programmes normalement incompatibles" qui rajoute amusé "les gens ont un
peu de mal à croire que ce sont six braves Irlandais qui ont trouvé ce
programme, battant Sun ou Microsoft". Passant de 25 employés en 1994 à 350
aujourd'hui "on embauche toutes les semaines", Iona compte des clients
aussi prestigieux que Motorola, Matra ou Boeing. John Fitzgerald,
économiste, fut l'un des rare à prédire cette formidable réussite du
"miracle" économique irlandais "Iona est un véritable exemple de la
réussite irlandaise" "environ un pour cent de la population active
irlandaise travaille dans la programmation et plus de 6 % dans
l'informatique, un record mondial, on fait mieux que la Californie".
Devenue désormais "le tigre celtique", l'Irlande accueille les plus grands
noms de l'informatique américaine, que ce soit Microsoft, Apple, Intel,
Hewlett-Packard, attirés aussi bien par des subventions gouvernementales,
que par un impôt sur les bénéfices limité à 10 % garanti jusqu'en 2010 ou
un choix de main d'oeuvre unique au monde. Depuis cinq ans, cette
croissance, fondée sur une association étroite entre patronat, syndicats
et Etats, tourne autour de 7 à 8 % par an et ne semble pas prête de
vouloir s'arrêter. Des accords étant tous les trois ans définis par les
partenaires sociaux aussi bien sur les objectifs de salaire que sur les
améliorations des conditions de travail, sur l'évolution du secteur public
ou les taux d'imposition, l'Irlande ne connait aucune grève . Désormais,
Dublin, à l'image du continent, connait un boom immobilier, le prix des
maisons augmentant de 20 % par an. Revers de la médaille, les services
publics ayant du mal à suivre cette frénésie de construction, certains
quartiers doivent attendre pendant des mois l'adduction d'eau et
l'électricité. Devenue une terre d'immigration, l'Irlande est
paradoxalement victime d'un taux de chomage élevé de près de 12 %.
Cependant, en raison de la pression du marché de l'emploi, le nombre des
chômeurs a depuis quelques mois légèrement diminué, les services, la
construction ayant embauché "c'est un très bon signe et on espère arriver
à 7 ou
8 % d'ici deux ou trois ans".
(Libération - 18/08/1997)

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