L’e-commerce n’attire plus de nouveaux clients en France

Par 15 novembre 2013
e-commerce

Si le recrutement de nouveaux web-acheteurs a longtemps tiré la croissance, il apparait que le nombre de ces derniers ne progresse plus.

Si la Turquie et le Brésil voient le poids des e-shoppers exploser, ce ne serait plus le cas des pays développés dont fait partie la France. C’est en tout cas ce que conclue la 3ème étude mondiale web-acheteurs  réalisée par le cabinet d'audit PwC. En effet, seulement 5% des web-acheteurs français déclarent avoir effectué leur premier achat en ligne au cours de l’année contre une moyenne mondiale de 19% et un chiffre frôlant les 50% en Turquie. Autre faiblesse de l’e-commerce Français qui cette fois lui est propre, la fréquence d’achat reste faible et n’a pas progressé en 2013. Seuls 2% des Français effectuent des achats quotidiennement sur Internet contre 14% des Chinois. Mais c’est notamment dans les achats hebdomadaires que la France est à la traine. Pourtant l’Hexagone ne semble pas sanctuariser certains secteurs à la vente physique. En revanche, si l’e-commerce Français ne connait pas le même succès que dans nombre de pays, le m-commerce le pourrait.

Un parcours d’achat encore dominé par la visite en magasin

Les taux de pénétration sont certes très différents selon les secteurs,  56% des consommateurs d’enseignes de bricolage n’effectuant jamais d’achats en ligne contre seulement 11% des consommateurs de biens culturels (livres et musique). Et si la dématéralisation des produits culturels a définitivement fait basculer le secteur dans la recherche et l’achat en ligne, ce n’est pas encore le cas des autres grandes catégories de consommation. En effet, les cosmétiques, l’électroménager ou encore le prêt à porter pourtant très investis par les pure players et les services en ligne des enseignes plus traditionnelles voient leurs achats s’effectuer majoritairement en magasin. L’ameublement et l’alimentaire sont eux l’apanage des grandes surfaces généralistes et spécialisées physiques. Seul le secteur de l’électronique balance encore entre les canaux de vente physiques ou en ligne. En fait si l’e-commerce ne progresse plus forcément, c’est que certaines pratiques devraient être généralisées. En effet, 80% des web-acheteurs plaident pour une livraison gratuite et 53% pour un retour gratuit. La tendance n’est pas à prendre qu’à l’avantage des pure players car 24% des répondants souhaitent disposer d’une possibilité de retrait en magasin et 49% d’un retour en magasin. Ainsi, 80% des enseignes se tournent désormais vers le web to store avec des services de Click and Collect, de mutualisation des stocks destinées aux espaces de ventes physiques et web ou encore avec des possibilités de réservation en ligne.

Ergonomie et sécurité seront les freins au m-commerce

La progression des usages commerciaux mobiles quant à elle explose. Il faut dire qu’elle ne dispose pour l’heure que d’une base ténue d’early adopters. Pour la voir se répandre de manière diffuse chez les consommateurs, l’ergonomie du hardware, des solutions de consultations et d’achat et la puissance des réseaux devront progresser. En effet, 41% des e-shoppers trouvent l’écran trop petit à l’heure actuelle. Ils sont également 20% à ne pas posséder de smartphones et parmi les autres 16% n’ont pas d’abonnement data avec leur mobile. Par ailleurs, 13% se plaignent d’une connexion lente et d’un manque d’accès au wifi. Le manque de sécurité des données constitue le second frein à l’achat et se répand particulièrement chez les jeunes populations. En revanche, ceux-ci s’avèrent friands dans la recherche d’informations sur les produits en situation de mobilité.

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