E-commerce : l’Europe se penche sur l’optimisation de la livraison de colis

Par 02 février 2015
Mots-clés : Smart city, Europe
L'Europe souhaite améliorer les services de livraison transfrontaliers.

L'Europe souhaite accompagner la forte croissance du commerce en ligne en améliorant sensiblement les services de livraison transfrontaliers.

Les ventes en ligne en Europe ont engendré 363,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 (+16,3%). L'association Ecommerce Europe prévoit même une hausse continue pour les prochaines années, jusque 625 milliards d’euros fin 2016. Pourtant aujourd'hui en Europe, les services de livraison transfrontaliers sont non seulement coûteux mais ils manquent de fiabilité, ce qui pèse sur le développement de l'e-commerce. Plusieurs zones d'ombre ont été identifiées par la Commission européenne comme le manque d'interopérabilité entre les transporteurs, les régions isolées mal desservies, le manque d'information à disposition des détaillants en ligne – PME notamment – et les différences entre les marchés nationaux qui rendent difficile l'harmonisation. Depuis 2012, la Commission européenne travaille au soutien de la croissance de ce marché et réfléchit à des améliorations à l'échelle européenne du système de livraison de colis. Les États membres et les entreprises nationales soutenues par l'Union européenne œuvrent d'ores et déjà à l'optimisation logistique de ces processus. Afin de renforcer l'interopérabilité entre les acteurs nationaux et internationaux, nombre d'initiatives digitales voient le jour au sein des pays européens.
 
 

Le numérique et l'innovation aident à développer des services de qualité

Le Ministère de l'économie et de l'énergie allemand (BMWi) en partenariat avec des sociétés du secteur privé a ainsi lancé en 2013 « Mittelstand-Digital », pour les PME. Ce projet consiste au développement de logiciels qui collectent des données sur les produits exportés à l'étranger dans le but de perfectionner les processus logistiques au sein des entreprises. Mais les entreprises innovantes se bousculent également pour trouver des alternatives créatives au service d'une livraison efficace. En Allemagne, Emmasbox une start-up de Munich soutenue initialement par l'Union européenne, offre des stations de retrait de commandes situées à différents endroits dans la ville. Cette solution, à destination principalement des épiciers, permet aux consommateurs de venir retirer leur liste de courses librement, les produits étant conservés dans des boîtes réfrigérantes. On relève aussi un projet lancé par Albrecht Medien. Dans la ville d'Aachen, « CLAC-Citylogistik » offre aux individus la possibilité d'opter pour une livraison en vélo ou à pieds quand il s'agit de porter un colis ou de se faire porter un colis dans un périmètre restreint. Côté consommateurs, le besoin de validation est fort, si bien qu’il s’avère utile d’apposer des labels de confiance associés au sites d'e-commerce. En Irlande, plusieurs initiatives de labels ont émergé à l'instar de Digi-Sign qui intègre les problématiques logistique de livraisons. Reste désormais à harmoniser ces initiatives à l'échelle européenne. 
 
 

Un meilleur partage d’informations

WIK Consult qui collabore avec la Commission européenne sur ces questions a développé plusieurs points d'amélioration que l'Union européenne pourrait être amenée à mettre en place dans un futur proche. Parmi les recommandations du cabinet de conseil allemand, on relève le lancement d'une plate-forme de partage d'informations sur la livraison de colis, la création d'un tableau de bord pour les entreprises et les législateurs. L'idée étant de permettre une collecte d'informations sur les services transfrontaliers, dispositif encore inexistant à ce jour. Surveiller les start-ups qui innovent, organiser des ateliers pour que les entreprises communiquent sur des technologies nouvelles et efficaces permettrait de promouvoir des services de qualité et à des prix plus abordables dans les zones rurales isolées. Inutile de créer un label supplémentaire européen selon les auteurs de l’étude, en revanche le développement de standards européens prenant en compte l’aspect logistique paraît essentiel. Aujourd'hui, on manque de statistiques sur les temps de livraisons transfrontalières en Europe. Or, elles pourraient constituer un premier repère sur lequel se baser et évaluer l'impact de nouveaux services. Par ailleurs, l'Union européenne gagnerait à faire tomber les barrières légales et techniques pour promouvoir davantage la coopération entre les transporteurs sur l'ensemble du marché et l'échange de données entre les services digitaux de suivi de colis.
 

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