E-commerce : la réputation plus importante que des systèmes de notation

Par 04 juillet 2011
Mots-clés : Future of Retail, Europe
Bouche à oreille

Si les dispositifs de barèmes sont importants, un commentaire laissé par un internaute l'est encore plus. Il faudrait donc intégrer cette notion aux graphes sociaux des sites commerçants pour accroître la confiance.

Socialement conçue, la réputation est une notion qui se dissipe entre les individus et a des conséquences sur leurs actions réelles, hors ligne ou en ligne. Deux chercheurs italiens, de l'université de Sienne et de l'Institut des sciences des technologies et de la cognition de Rome ont ainsi mené des recherches pour comprendre son utilité, et appréhender ses effets sur les marchés virtuels. Dans le cadre du projet européen eRep destiné à améliorer la gouvernance du web à travers des technologies d’analyse réputationnelles, ils ont simulé les cheminements de la réputation entre différents acteurs dans un environnement commercial. Rosaria Conte, une des deux scientifiques, explique à L’Atelier que "ce processus nous a permis d’affirmer que l’e-réputation joue un rôle plus important que l’image qui est souvent véhiculée par les médias".

Intégrer la réputation aux sites commerçants

"Les médias contribuent à produire une image sur une personne, une marque, ou un fait. Mais sur la Toile, les mécanismes de graphes sociaux jouent un rôle de régulateurs", poursuit la chercheuse. Elle explique en effet que la notion de réputation permet de prévenir des potentielles victimes d’escroqueries. La réputation agirait ainsi comme un bouclier sur des acteurs potentiellement victimes de revanches commerciales, et cela grâce à la force prouvée de l’opinion. "Le problème aujourd’hui est de faire comprendre cela à d’importants sites de commerce en ligne, fonctionnant uniquement sur un système de notation, donc d’image". Car selon elle, l’image est médiatiquement et non socialement considérée.

Simuler les interactions et les influences.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont utilisé un système de simulation de réputation basé sur des données empiriques. Nommé Repage, l’outil prend en considération de réelles données économiques, par exemple sur un ensemble de vendeurs et d’acheteurs présents sur un site de commerce en ligne. Il permet ensuite d’effectuer une simulation des échanges en prenant en compte la mémoire de chaque agent. "Par exemple si le vendeur Robert signe un contrat, cela affectera son image et non sa réputation. Par contre, si quelqu’un dit de lui qu’il est une personne de confiance, le système partira du principe que les personnes ayant vu cette information seront influencées dans leurs achats", explique Rosaria Conte. Mais si par la suite trois acteurs viennent à dire l’inverse, le système pondèrera les informations et sera capable de prédire une baisse de chiffre d’affaire.

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