E-Mails, blogs et SMS sont compatibles avec l'éducation

Par 28 avril 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Ces supports de communication ne détournent pas les jeunes de la grammaire. Ces derniers sont totalement conscients de la nécessité d'adapter leur style en fonction du cadre - scolaire ou privé - d'émission.

La communication textuelle numérique, appréciés par les jeunes, est généralement accusée de dégrader la maîtrise du français. Pourtant, les adolescents ne s'y trompent pas : une large majorité (près des deux tiers) estime que ce type de messages n'a rien à voir avec ce qu'ils estiment être une activité rédactionnelle. Ces chiffres, rapportés dans une étude conduite en duo par le Pew Internet et le National Commission on Writing*, montrent que les jeunes considèrent que ces différents moyens n'ont aucune influence sur leurs écrits scolaires. Principale explication : les adolescents ont une approche purement utilitaire de la technologie. Selon eux, communiquer par le biais d'un ordinateur ou d'un téléphone est en effet considéré comme un moyen simple et pratique de transmettre un message ou une information. Cela ne doit pas être confondu avec la rédaction de textes, dans un but personnel ou scolaire. Ces différents outils de communication ne doivent cependant pas être laissés de côtés par le système scolaire.
SMS = transmission d'information
Explication : ils permettent de simplifier le rapport que le jeune peut avoir avec la chose écrite. Un travail de rédaction considéré, d'ailleurs, comme important par les élèves. Ils sont près de neuf sur dix à estimer qu'il est nécessaire de savoir écrire convenablement pour son avenir professionnel. Selon le rapport, il est ainsi important de ne pas dissocier complètement l'écriture scolaire de celle utilisée pour les dialogues électroniques, mais au contraire de les rapprocher. Pour les jeunes, les technologies de l'information et de la communication font en effet partie du quotidien : plus de la moitié d'entre eux annonce ainsi réviser et écrire plus simplement devant un ordinateur que devant une feuille de papier. "Etre face à un ordinateur débloque certaines appréhensions : l'élève sait qu'il peut se tromper et corriger sans que cela se voit. Autre atout : le travail fini est esthétique. Cet aspect est très motivant", souligne Alexandra Mounier, chargée de mission des usages des TIC au Centre Régional de Documentation Pédagogique de Versailles.
Faciliter l'apprentissage de l'écriture
S'appuyer sur les différents outils de communication électronique pour faciliter l'apprentissage de l'écriture permettrait d'éviter ce que Sousan Arafeh, à la tête de l'un des groupes de réflexion mis en place par le National Writing Project, appelle l'épreuve du "manger de légumes". "Ce type d'initiatives permet à l'élève de s'entraîner. Même s'il écrit mal, il écrit. Et s'améliore peu à peu", confirme Alexandra Mounier. "Les TIC rendent le travail plus ludique. L'académie de Versaille héberge ainsi une "ferme de blogs", qui permet à chaque élève d'avoir son propre blog, aux thèmes et aux contenus administrés par un professeur", ajoute-t-elle. Reste qu'une certaine confusion est inévitable : environ 65 % des élèves interrogés admettent ainsi incorporer de temps en temps dans leurs copies certaines expressions utilisées dans les messages électroniques, comme le fameux LOL (laugh out loud), les smileys, ou des constructions grammaticales et orthographiques propres au SMS.
*Le National Commission on Writing for America's Families, Schools and Colleges est un programme d'envergure nationale mis en place par l'organisme College Board en 2002 dans le but de mettre au point des moyens d'améliorer l'apprentissage de la lecture et de la lecture chez les jeunes.

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