L’école deviendra t-elle "data-driven" ?

Par 27 octobre 2014 3 commentaires
Classroom

La collecte massive de données sur des millions d’élèves permet de personnaliser le soutien scolaire – un paradoxe expliquant le succès des tableaux de bords axés sur le Big Data à destination des écoles.

Branching Minds est une startup qui souhaite personnaliser l’apprentissage selon les élèves. La startup ne cible pas les étudiants eux-mêmes, mais les éducateurs à la recherche de contenus taillés sur mesure pour leur "classe" ou leurs apprentis. Le fonctionnement repose sur une mise en contact des éducateurs avec des recherches spécialisées en éducation.

Si un élève rencontre une difficulté, par exemple avec la lecture, Branching Minds promet d’isoler une déficience cognitive grâce à un questionnaire simple – avant qu’elle ne prenne trop d’importance pour être réglée. La startup rend ainsi accessible les diagnostics des sciences cognitives : les questionnaires permettent de corréler une difficulté particulière à des comportements facilement observables par les éducateurs. Enfin, des algorithmes tournent pour proposer des réponses personnalisées tout en utilisant les succès passés – le Big Data – pour optimiser les diagnostics dans le temps.

Le quantified self adapté à l’apprentissage permet de gérer l’obtention de résultats dans une perspective chronologique. Le public visé par Branching Minds reste, en plus des parents, des services plus importants comme les écoles. En effet, le suivi quantifié de plusieurs classes au sein d’un même établissement peut permettre d’isoler les comportements positifs ou négatifs, et jusqu’aux méthodes même d’enseignement les plus performantes pour faire naître, par le bas, les meilleures idées.

Àu delà du soutien individuel, les écoles sont les acteurs qui ont le plus d’intéret à récupérer la puissance du Big Data pour perfectionner leur gestion. Encore une fois, c’est la quantité de données stockées couplée à des algorithmes efficaces qui permet d’isoler des comportements individuels pertinents. Plusieurs startups souhaitent donner à la gestion d’une école la puissance des outils numériques, de l’analyse prédictive au Big Data. En effet, le suivi des notes de chacun des étudiants peut être une façon d’améliorer la gestion du suivi particulier grâce aux signaux émis par les notes en temps réel.

LearnSprout, basé à San Francisco, a ainsi mis en place des tableaux de bords complets pour suivre la progression de chacun des élèves, tester des méthodes performantes entre plusieurs classes et surtout chercher à prévenir le phénomène des élèves décrocheurs (grâce au relevé automatique de l’absentéisme). C’est avant tout un moyen de supprimer l’élément qualitatif du support scolaire : l’accumulation de données permet en effet de neutraliser les biais subjectifs explique la jeune startup. D’autres suivis de données concernent la santé de chaque élève en temps réel pour prévenir les risques d’épidémie au sein d’un établissement. Bien sûr, la conservation de données est la première préoccupation d’une telle startup qui, parce que son business model repose entièrement sur la collecte de données les plus précises possible, doit rassurer les parents comme les législateurs.

Introducing Branching Minds from Branching Minds on Vimeo.

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3 Commentaires

Bonjour,
Je comprends que certains veulent participer au rêve de la startup qui décolle.
Pourtant, il me semble qu'il y a certains secteurs qui ne sont pas compatibles avec les moyens à mettre en oeuvre pour réaliser ce rêve.
L'éducation en est un de mon point de vue.

Qui est au service de qui ? Est-ce l'éducation qui est au service de la réussite d'une branche de l'économie ? Et les enfants où sont-ils dans ce type de projet ?

Je vous invite à prendre un peu de temps pour vous documenter sur les questions d'ordre éducatif et humaniste que votre projet soulève avant de jeter toute votre énergie dans cette aventure.
Vous pourriez commencer par imaginer certains enfants qui vous sont cher dans ce type de structure. Cela vous fait-il envie ?

Cordialement

Pierre Cieutta

Soumis par Pierre Cieutat (non vérifié) - le 31 octobre 2014 à 08h59

I do hope there comes a day when companies like ours (LearnSprout) are not necessary. Certainly, if we have realistic teacher to student ratios, then the need for data analysis would be greatly diminished. That being said, there is enormous potential for social justice through the use of aggregate, truly big data that has been stripped of any personally identifiable information.

In any event, thank you for the mention in this article!

Soumis par Paul Smith (non vérifié) - le 03 novembre 2014 à 21h14

Before founding Branching Minds I was a classroom teacher with a really big problem. I loved my students and would do anything to help them succeed, but the problem was that it was much easier for me to tell when they were struggling, then to know why. And without insight into why they were having difficulty, figuring out how to help them was like finding a needle in a haystack--inefficient, ineffective and extremely frustrating for them, for their families, and for their teachers.

It drove me crazy that there were more intelligent applications of technology in sites that recommended what shoes I buy, than in which learning supports I used to help my students. It made me even more upset to know that advancements in cognitive science remained trapped in heavy weight manuals and textbooks, while all of medical knowledge had become digitized. I waited for the scientists and technologists to come together on their own, but that never happened. I left the classroom to build Branching Minds because I knew that these advancements in science and technology could dramatically improve my ability to help my struggling learners. It is for them, not the money that I have built this tool.

I chose to develop Branching Minds as a startup because it was, and remains, the quickest way to build a scalable and sustainable business--which means, it is the quickest way to get this tool in the hands of teachers all over the US, and maybe the world, so that they can start supporting their learners. No other business model would've allowed me to build a company and tool from scratch, and already be selling it into schools within a year's time. I think it makes a lot of sense for social impact ventures to organize as startups, and I think it makes a ton of sense for teachers to become teacherpreneurs--because the school system is ripe for some serious disruption, and not because it's a good place to make a buck, but because our children deserve a learning evolution.

Branching Minds was honored to be mentioned in this article, and thanks for all the retweets!

Soumis par Maya Gat (non vérifié) - le 07 novembre 2014 à 04h01

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