Les écrans plats envahissent notre quotidien.

Par 05 mai 1999
Mots-clés : Smart city, Europe

Actuellement estimé à près de 13 milliards de dollars, toutes tailles confondues, le marché des écrans plats devrait tripler d'ici trois ans. Selon une récente étude de l'Idate, le marché mondial po...

Actuellement estimé à près de 13 milliards de dollars, toutes tailles
confondues, le marché des écrans plats devrait tripler d'ici trois ans.
Selon une récente étude de l'Idate, le marché mondial pourrait atteindre
en 2003 les 43 milliards de dollars. Progressivement, qu'ils soient à
cristaux liquides, à plasma, à micropointes ou en polymères, les écrans
plats envahissent le quotidien.
Electrolux devrait commercialiser l'an prochain le premier réfrigérateur
intégrant dans sa façade un écran à cristaux liquides tenant les comptes
des provisions au frais, surveillant les dates de préemption et commandant
seul les aliments manquants à partir d'une liste préalable.
Grâce à la technologie plasma, les très grands téléviseurs de plus d'un
mètre de diagonale vont devenir aussi extra-plats à la maison, après avoir
envahi les entreprises et les salles de marchés.
Depuis un an, la technologie à micropointes a déjà fait, pour sa part, une
entrée remarquée dans l'appareillage médical.
Les spécialistes sont formels "le marché des écrans plats est semblable à
celui des semi-conducteurs il y a une vingtaine d'années et toutes les
technologies ont leur carte à jouer, selon les applications développées".
On ne peut en effet comparer l'écran plat pour un portable, pour un
téléphone, un ordinateur et un écran géant de télévision, excepté
peut-être leur prix. Les technologies écrans plats restent en effet
chères. Pour un moniteur à cristaux liquides de 18 pouces sur un
ordinateur de bureau, il faut compter 25 000 F et le double pour un
téléviseur grand format.
D'autre part, leur méthode de fabrication délicate nécessite des salles
blanches. La moindre poussière sur un écran le rendant inutilisable, le
taux de rebut dans la chaîne de production peut atteindre plus de 30 %.
Toutefois, le cabinet américain Brian Noris assure "d'ici cinq ans, les
écrans à cristaux liquides devraient commencer à s'imposer". Pariant sur
un décollage rapide du marché, certains fabricants renchérissent "voire
avant".
Les grands de l'informatique et de l'électronique grand public, tous y
croyant, multiplient les accords. Ainsi, les japonais Fujitsu et Hitachi
se sont alliés en avril dernier pour créer une filiale commune Fujistsu
Hitachi Plasma Display, première société au monde spécialisée dans la
fabrication exclusive d'écrans à plasma. Tout comme Thomson Multimédia
associé au japonais NEC, ils veulent développer une nouvelle génération
d'écrans, moins coûteux et moins gourmands en énergie.
Canon et JVC préfèrent miser ensemble sur la technologie des micropointes.
Sharp, Sony et Philips travaillent de leur côté en commun sur une
technologie appelée PALC. Enfin, l'américain Kodak et le japonais Sanyo se
sont alliés pour produire, d'ici l'an 2000, les premiers écrans en
polymères devant équiper des appareils photo numériques et des organiseurs
de poche.
Selon la taille de l'écran et l'application, on privilégiera telle ou
telle technique : les cristaux liquides pour les petits, le plasma pour
les grands.
Possédant de nombreux atouts : meilleure qualité d'image, baisse du prix
de revient des moniteurs, le passage au tout numérique devrait séduire les
utilisateurs et ouvrir de nouveaux débouchés.
70 % du marché concerne actuellement encore les écrans des ordinateurs
portables. Les ténors sud-asiatiques de l'électronique grand public
contrôlent essentiellement ce marché.
Malgré un prix d'accès très élevé, l'arrivée des écrans plats à la Bourse
de Paris améliore les conditions de travail.
(Dossier de trois pages - La Tribune - 5/05/1999)

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