Les éditeurs mettent l’accent sur l’enrichissement de leurs contenus numériques

Par 24 mars 2014
Enrichissement numérique

Les éditeurs opèrent globalement leur migration vers le numérique avec l’objectif de produire des contenus éditoriaux plus interactifs.

Le premier baromètre de l’offre de livres numériques en France réalisé par KPMG* à l'occasion du salon du Livre de Paris, fait état de 24% d’éditeurs réfractaires à tout virage vers le numérique, ces chiffres ne doivent pas occulter le fait que plus de six éditeurs sur dix ont actuellement pris ce virage. Pour 21% d’entre eux, cette offre existe depuis 2011, soit 11 ans après l’apparition des premiers livres numériques et un an après le lancement par Apple de sa tablette numérique.  Plus d’un tiers des éditeurs qui ne disposent pas encore d’offre, projettent de lancer la leur d’ici un à 3 ans. Mais l’étape suivante consiste à valoriser une telle offre en enrichissant les ouvrages proposés de liens internet, de supports video ou audio, voire dans une moindre mesure de schémas narratifs différents (contenus originaux,…).

Une version numérique de plus en plus enrichie

Si la littérature, la jeunesse et le scolaire arrivent en tête des secteurs éditoriaux numériques, c’est le tourisme et les guides pratiques qui arrivent en tête des ouvrages qui bénéficient d’une édition numérique enrichie par rapport au papier.  Une forte explosion devrait être ressentie du côté de secteur de la jeunesse, souligne Hervé Essa, Directeur Commercial Edition Europe – Services Editoriaux-Groupe Jouve, chargé d’accompagner les éditeurs dans leur migration vers le numérique ; y compris l’enrichissement. Ces offres enrichies, les éditeurs sont plus de la moitié à les proposer considérant que la technique le permet à moindre coût. Ils sont 43% des éditeurs interrogés à confier la réalisation de l’enrichissement à des prestataires de la chaîne du livre contre 31% à le faire en interne. Pas de prix plus élevé pour autant. Les éditeurs sont nombreux à appliquer une décote par rapport à la version papier. Pas de forfait comme dans la musique, ni d’abonnement mais de la vente titre à titre, pour près de 83% des sondés.

Apple et Amazon, clients incontournables

Le premier client de ces éditeurs n’est pas le lecteur. Non, ces maisons privilégient des intermédiaires comme les géants d’internet pour atteindre le lecteur in fine. En l’occurrence, Amazon et Apple. Ces derniers se taillent la part du lion, quelle que soit la taille des éditeurs, tout simplement car le Kindle et l’iPad cannibalisent le marché. « Mais d’autres acteurs comme Kobo font irruption sur le marché », souligne Hervé Jessa. Selon lui, si Amazon et Apple  sont incontournables, la question n’est pas tant de trouver une alternative mais de trouver le moyen d’être plus efficace pour distribuer les titres et en faire la promotion. " Beaucoup d’éditeurs se plaignent du manque de visibilité de leurs titres sur ces plateformes géantes », poursuit-il. D’après le baromètre, les blogs sont le moyen de promotion le plus utilisé par les petites maisons d’édition interrogées (23%) suivis des newsletters de mailing, leurs homologues plus importantes ayant davantage recours aux réseaux sociaux. Quoiqu’il en soit, l’offre numérique progresse proportionnellement à la taille de ses acteurs. Si les ventes numériques rapportent entre 10.000 et 100.000 euros aux petites maisons d’édition, elles dépassent les 3 millions par an chez les grandes maisons.

*L’enquête a été menée auprès de 56 éditeurs de novembre 2013 à janvier 2014 sur la base d’un questionnaire en ligne auquel ont répondu 56 éditeurs, majoritairement indépendants (Moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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