Des électrodes s'invitent dans le cerveau pour prévenir l'épilepsie

Par 09 août 2007
Mots-clés : Smart city, Europe

Des capteurs pour prévenir les crises d'épilepsie. C'est ce que préparent des chercheurs avec un système basé sur des électrodes communicantes. Implantées dans le cerveau, celles-ci sont également chargées d'injecter automatiquement un produit apaisant la zone de crise...

Des capteurs pour prévenir les crises d'épilepsie. C'est ce que préparent des chercheurs avec un système basé sur des électrodes communicantes. Implantées dans le cerveau, celles-ci sont également chargées d'injecter automatiquement un produit apaisant la zone de crise.
 
"Sur les 1% de la population mondiale qui souffre d'épilepsie, environ un tiers ne réagit à aucun médicament", annonce Pedro Irazoqui, professeur assistant en ingénierie biomédicale à l'université de Purdue. Pour venir en aide à ces patients, des chercheurs de l'université ont développé des appareils miniatures qui, une fois implantés dans le cerveau du malade, peuvent détecter les crises. Le système enregistre les signaux neuronaux via des électrodes disposées en différents endroits du cerveau. Les données sont ensuite enregistrées sur un récepteur externe. "Quand un épileptique a une crise, une partie bien définie de son cerveau a une activité anormale", ajoute Pedro Irazoqui.
 
Un système de médication autonome
 
"Cette méthode d'enregistrement devrait nous permettre de nous prévenir de l'imminence d'une crise et de prendre les mesures adéquates pour l'empêcher". Un neurotransmetteur - une substance chimique libérée par les neurones - sera alors injectée directement sur la partie du cerveau où la crise se déclenche. Les chercheurs ont en effet développé une "électrode réactive" entourée de neurones artificiels qui, quand ils sont stimulés, libèrent le produit chimique.
 
Le transmetteur - qui est implanté avec une batterie sous le cuir chevelu - est capable de collecter des données sur plus de mille parties du cerveau. Les électrodes sont pour leur part insérées directement dans le cerveau via des petits trous creusés dans le crâne. Pour développer un dispositif fiable, les chercheurs ont dû faire face au délicat problème de la consommation d'énergie, afin de fournir le nombre maximum de données en utilisant le moins d'énergie possible. Autre enjeu : plus la consommation est faible, plus la batterie peut être de petite taille.
 
Prochain projet en vue : des capteurs détecteurs de glaucome
 
Et il semble que le pari ait été relevé puisque le transmetteur consomme 8,8 milliwatts, soit une consommation identique à tout autre dispositif dédié à être implanté, mais avec une capacité de transmission de données dix fois supérieure. Les premiers tests sur des humains sont prévus dans deux ans. Le projet sera présenté lors de la Engineering in Medicine and Biology Society's Sciences and Technologies for Health Conference, qui se déroulera fin août en France. A cette occasion, les scientifiques lèveront le voile sur un autre pan de leurs recherches : la mise au point de capteurs implantables dans les yeux dans le but de détecter la présence d'un glaucome. Le système reposera sur une mesure de la pression de l'intérieur de l'œil. L'ère de l'homme-machine n'est plus si éloignée...
 

(Atelier groupe BNP Paribas – 09/08/2007)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas