Encourager l'intrapreneuriat bénéficie à l'entreprise

Par 28 mars 2012
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Donner à ses salariés les moyens financiers et matériels de lancer leurs propres projets peut parfois sembler risquer. Et pourtant les entreprises auraient tout à y gagner.

3% de la population mondiale se dit actuellement engagé ou avoir été engagé lors des trois dernières années dans des activités intrapreneuriales, affirme le Global Entrepreneurship Monitor, qui a choisi cette année de consacrer une partie de son rapport annuel à cette activité. L'intrapreneuriat est un concept que l'on peut définir comme la capacité d'un employé à créer de nouvelles activités au sein de son entreprise, tel que le développement et le lancement de nouveaux produits, ou à créer de nouvelles unités opérationnelles. Une initiative qui intéresse de plus en plus les entreprises qui, comme Google, y voient un moyen d'engager leurs salariés mais aussi d'innover. Néanmoins, souligne le rapport, un certain nombre d'entre elles craignent le fait qu'offrir cette possibilité à ses collaborateurs peut en faire à terme des concurrents. Ainsi, l'étude explique que 21 % des intrapreneurs ont l'intention de partir sous trois ans de leur compagnie pour monter la leur. Un constat modéré par Valérie Blanchot Courtois, spécialiste de l'intrapreneuriat et créatrice de Human Ventures. Pour elle, cela représente plutôt un avantage.

Un risque ou stratégie ?

"Il y à une différence entre ce qu'on espère et ce qui se concrétise et peu nombreux sont les intrapreneurs qui quittent effectivement le navire pour se lancer seuls", explique t-elle à L'Atelier. Et les chiffres du rapport confirment cela : seuls 11% des intrapreneurs deviennent véritablement indépendants. Ce chiffre n'étant pas non plus négligeable, quel est alors l'intérêt pour les entreprises ? Selon Valérie Blanchot Courtois, laisser ses salariés partir représente un "écrémage stratégique". "On constate que ceux-ci restent redevables de l'entreprise qui les a lancé", note t-elle. Ils cherchent alors à faire perdurer cette collaboration par des partenariats ou par la cession des parts dans la nouvelle start-up. "On constate même parfois sur le long terme, un rachat stratégique".

Success Story

Pour Valérie Blanchot Courtois, c'est en s'appuyant sur des success story comme, une fois de plus, Google, qui propose à ses salariés de prendre 20 % de leur temps de travail pour mettre au point de nouveaux concepts, que l'on pourra faire en sorte que dans les dix ou quinze années à venir l'intraprenariat représente une grande part de l'entreprenariat. Et pour que cela se concrétise, il est nécessaire dès à présent de "changer profondément la culture de l'entreprise, et en particulier au plus haut de la hiérarchie", juge t-elle. En formant ainsi les dirigeants à devenir "des mentors qui sauront reconnaître le talent et le faire fructifier, mais également des sponsors dont le but sera de conseiller". Voire de permettre au réseau du futur intrapreneur de s'élargir en le présentant à des partenaires.

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