Énergies alternatives : un regain d'investissement

Par 15 janvier 2014
renewable energy

L'analyse des brevets déposés durant ces dernières années offre une compréhension poussée des schémas d'innovation du secteur énergétique.

Au début des années 1970, la crise énergétique provoquée par la première crise pétrolière avait fait bénéficier aux énergies alternatives d'une forte couverture médiatique, relayée par un enthousiasme véritable d'une partie de la population. Depuis les années 1980 cependant, ces investissements ont vu leur volume baisser drastiquement. Toutefois, le secteur semble profiter d’un regain d’attention. C’est en tout cas ce qu’une équipe d'universitaires du MIT et du Santa Fe Institute a démontré dans une étude dont le but était de voir les sous-secteurs les plus importants actuellement. Ceux-ci ont par ailleurs découvert que la vitesse d'innovation observée ne peut s'expliquer uniquement par une variation de l'investissement public.

Un intérêt illustré par les brevets

Entre 1970 et 2009, ce sont ainsi, dans le secteur seul de l'énergie, plus de 73 000 brevets qui ont été déposés. Depuis 2004, ce sont cependant deux sous-secteurs particuliers qui semblent attirer l'attention des investisseurs et chercheurs, à savoir ceux de l'énergie solaire et éolienne. On peut ainsi, à la lecture de cette étude, observer une croissance moyenne annuelle pour ces deux sujets précis de respectivement 13% et 19%. Plus largement le secteur global de l'énergie a de même enregistré une hausse moyenne durant la même période de près de 4%, le plaçant selon l'Office Mondiale des Brevets à un niveau supérieur ou égal aux technologies semi-conductrices ou à la communication digitale par exemple. De même, l'analyse géographique met en avant la place prépondérante prise par la Chine, non seulement dans les brevets déposés sur l'énergie charbonnière mais aussi dans l'éolien, la plaçant dans ce sous-secteur directement après le Japon en termes de brevets détenus. L'exemple de la Chine ainsi que de la hausse des brevets déposés semble démontrer ainsi, selon les résultats avancés par les chercheurs, que ces innovations découlent d'une augmentation de la R&D publique.

La course à l'énergie propre est-elle lancée?

Cependant la R&D publique peut difficilement être responsable seule de ce développement. Ainsi, c'est bien plutôt un investissement mixte, public et privé qui peut seul expliquer l'évolution du marché énergétique. Si l'information ne semble pas particulièrement nouvelle, elle indique cependant un point extrêmement important pour le secteur des énergies alternatives, et notamment avec le solaire et l'éolien, de l'énergie propre. La présence de plus en plus forte des acteurs privés semble ainsi démontrer que le marché de l'énergie propre, et ce grâce aux investissement de R&D publics ayant permis de poser les structures d'innovation, a acquis une maturité suffisante pour devenir un marché à part entière.

 

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