L'engagement des salariés passe par les rapports humains, pas par les outils

Par 13 juillet 2012
Hommes d'affaire se serrant la main

Multiplier les solutions pour rester en contact ne renforce pas la proximité entre un collaborateur et un manager, ni la capacité du deuxième à congratuler le premier. Or ces remerciements sont un facteur important d'implication.

Plus des trois quarts des employés se disent prêts à quitter leur entreprise si celle-ci ne reconnaissait pas leur contribution, selon une étude de RedBalloon auprès d'employés d'Australie et de Nouvelle Zélande. Elle révèle qu'une personne sur quatre est en train de chercher un nouveau travail ou va le faire dans les trois mois. Et selon les personnes interrogées, cette reconnaissance devrait venir des responsables, qui ne le feraient pas assez. 44% des employés jugeraient ainsi "vraiment pauvre", "pauvre" ou simplement "satisfaisante" la capacité de leur manager à les féliciter. D'ailleurs, les trois quarts jugent que leur travail n'est pas assez reconnu puisqu'ils obtiennent une forme de reconnaissance une seule fois par mois, tous les trois mois ou une fois par an. Pis, 11% n'en reçoivent jamais. Or la majorité des employés chercherait la reconnaissance de leurs manager direct (51%), avant celle de leurs collègues ou pairs (35%) ou du PDG (14%).

L'importance du travail en présentiel

Reste à savoir si, avec la multiplication des réseaux sociaux internes et des moyens de communication, les responsables sont plus facilement en contact avec leurs collaborateurs. "La technologie facilite les échanges entre managers et employés, elle améliore la collaboration, mais elle n'améliore pas la proximité car elle est un moyen et non une fin en soi", répond à ce sujet Olivier Chappert, partner chez Bearing Point à L'Atelier. Et de revenir d'ailleurs sur l'importance de continuer à organiser des rencontres dans le monde réel. "Les employés peuvent travailler chez eux, mais la proximité entre le manager et son équipe ne passe que par des rencontres physiques", ajoute-t-il. Malgré tout, juge t-il, lorsque l'entreprise dispose de blogs ou de réseaux sociaux internes, "leur implication dans ces outils permet de faire la différence entre deux personnes de même niveaux".

La génération Y plus avide de reconnaissance

"Mais les personnes impliquées sont celles qui avaient déjà une propension à parler ou à partager leur connaissance, ces outils ne leur permet donc que d'émerger". Pour revenir sur la concrétisation de cette reconnaissance, fait intéressant : pour près de la moitié des salariés intéressés (46 %), celle-ci n'a pas besoin d'être financière - 4 % seulement la souhaitent -, mais plutôt un remerciement par écrit ou à l'oral. Et 50% souhaiteraient une reconnaissance physique, comme un chèque cadeau ou du temps libre en entreprise. Pour Olivier Chappert, "parler de reconnaissance signifie parler de fond et non de forme, donc même s'il y a du digital pour faciliter la reconnaissance, rien ne remplace la monnaie sonnante et trébuchante ou les formations par exemple". A noter que les plus jeunes sont les plus disposés à partir à cause d'un manque de reconnaissance puisqu'ils sont 86% pour la génération Y, 77% pour la génération X et 63% chez les Baby boomers.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas