Engager ses salariés à collaborer passe par l'accompagnement humain

Par 14 février 2012 Laisser un commentaire
Union de mains

Comment convaincre ses salariés d'utiliser les outils 2.0 mis en place notamment pour favoriser la collaboration et l'engagement ? En les impliquant dans les grandes décisions, par la formation et en les récompensant.

Entretien avec Jérôme Colombe, Directeur de la gouvernance web chez Alcatel-Lucent, et rencontré à l'occasion de l'Enterprise Summit 2.0, qui se tenait la semaine dernière à Paris.

L'Atelier : On le voit, ce n'est pas seulement intégrer une plate-forme de collaboration en interne et l'annoncer qui en fait le succès. Comment amener les salariés à s'y intéresser sur le long terme ?

Jérôme Colombe: On constate que les premiers signes d'engagements se focalisent dans le débat d'idée pour trouver des solutions à toutes sortes de demandes du top management sur la transformation, sur la stratégie ou sur l'innovation. Les collaborateurs sont souvent motivés pour proposer leurs points de vues hors de leur périmètre, signe du potentiel de l'entreprise 2.0 pour dépasser les limites des organisations et de leurs missions.

Toutefois, ce type d'engagement demande de la "maintenance" pour perdurer. Il faut en effet que l'on puisse voir les réponses à ces idées, si elles ont été mises en pratique ou quelles actions ont été lancées pour les enrichir ou les appliquer ... La communication reprend donc son rôle dans ce cas en gérant cette "maintenance 2.0" ! Il faut également un programme global pour orchestrer les bonnes pratiques et relancer ceux qui ne sont pas venus ou revenus en passant par la formation.

Un concept en vogue est celui de la ludification. Pensez-vous que cela peut inciter les collaborateurs à adopter une plate-forme ? Si oui, vers quel système les entreprises vont-elles se tourner?

C'est la grande question du moment lorsque l'on voit l'intérêt sur ce sujet dans chaque conférence "2.0" depuis quelques mois.Je pense qu'elles vont dans un premier temps tester quelques initiatives et mesurer les succès (ou échecs) en fonction de leurs objectifs. On peut déjà constater que les principes de gamification ne seront pas reçus de la même façon en fonction des organisations internes ou même parfois en fonction des pays.

En revanche, si on fixe comme objectif, l'éducation des collaborateurs, il n'y aura pas polémique je pense. En ce qui concerne l'adoption d'outils ou l'engagement en général, le risque est de penser à la place des collaborateurs... C'est pour cela que nous avons voulu tester l'adoption sans contrainte pour comprendre les besoins, les attentes au travers des utilisations. On peut maintenant penser à des idées de ludification pour maximiser les meilleurs exemples.

Faut-il passer par des récompenses?

Cela dépend des entreprises et des moyens déjà mis en oeuvre pour récompenser les initiatives des collaborateurs sans la gamification. Cette dernière permettrait cependant de pouvoir augmenter le type de récompense et leurs implications (e-réputations, prime, statut, etc...). Notre plateforme Engage, la communauté interne d'Alcatel-Lucent, permet de mesurer le degré d'engagement par un système de points et de grade mais sans relation avec les indicateurs clé de performance des collaborateurs. On essaye de récompenser déjà les initiatives innovantes et les ingénieurs au travers d'une académie nommée ALTA et les entrepreneurs (ex : défi Entreprendre). Une centaine de collaborateurs sont récompensés pour leur engagement et leurs contributions à l'excellence technologique de l'entreprise.

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