Les enjeux de la musique en ligne.

Par 04 octobre 2001

L’Idate constate que 2000 et le 1er semestre 2001 auront été riches en évènements marquants dans le secteur de la musique, plus particulièrement celui de la web musique avec des rapprochements ou te...

L’Idate constate que 2000 et le 1er semestre 2001 auront été riches en
évènements marquants dans le secteur de la musique, plus particulièrement
celui de la web musique avec des rapprochements ou tentatives de
rapprochement entre maisons de disques, des procès opposant la RIAA
représentant les principaux éditeurs à des jeunes pousses peu scrupuleuses
de la législation sur le copyright (Napster, MP3.com, Scour, Aimster),
l’apparition, parallèlement, de nouveaux segments de marché lié au réseau
mondial et l’annonce de stratégies offensives des multinationales du
disque (rachats d’entreprises de la nouvelle économie, lancement de
nouveaux modèles de distribution de musique).
Selon l’Idate, cinq groupes internationaux se partagent 77,5 % du marché
de la musique (37 milliards de dollars de chiffre d’affaires) : Universal
Music Group, Sony Music, EMI Group, BMG Entertainment et Warner Music
Group. Une multitude d’éditeurs indépendants se partagent les 22,5 %
restants.
Selon les estimations de l’Idate, le marché mondial de la musique
téléchargée devrait passer de 703,2 millions d’euros en 2001 à 6 375,9
millions d’euros en 2006. La plus importante progression proviendra des
Etats-Unis. Le marché américain passera de 334,3 millions d’euros en 2001
à 3 318,2 millions d’euros en 2006. .Le marché européen devrait passer,
sur la même période de 202,2 millions d’euros à 1 896,2 millions d’euros,
le marché japonais de 68,6 à 547,5 millions d’euros et le reste du monde
de 98,1 à 614 millions d’euros.
Fin 2000, les acteurs traditionnels découvrent qu’ils n’ont pas été assez
attentifs aux nouveaux développements en ligne et aux nouveaux entrants
qui leurs sont associés. Les majors ont accumulé du retard vis-à-vis des
technologies et des positions sur le net de ces nouveaux prestataires. Les
plus grosses compagnies ayant intenté des procès ont finalement préfèré
signer des armistices plutôt que d’éliminer totalement et définitivement
les populaires pionniers de l’échange et de la gestion de fichiers
musicaux sur Internet. Les majors se sont alors engagés largement dans les
développements en matière de logiciels de protection et de gestion des
droits sur fichiers électroniques. Début 2001, pour lutter contre Napster
et sa multitude de clones et participer ainsi à l’instauration d’un
système payant, Sony Corporation et Vivendi Universal ont annoncé une
plate-forme de distribution, Duet, appelée désormais Pressplay. AOL Time
Warner, BMG Entertainment, EMI Group et Real Networks se sont, de leur
côté, alliés pour créer une nouvelle entité MusicNet.
Toutefois, les majors doivent aussi compter avec la concurrence d’offres
juridiquement irréprochables, organisées autour de modèles économiques
fondés sur la publicité, l’abonnement ou la location de fichiers audio.
Ainsi sont nés les OMD (On Line Music Distributors), les labels en ligne
ainsi que d’autre modèles construits autour d’applications musicales en
ligne, les MSP (Music Server Provider).
A l’avenir, la musique s’achètera en ligne, s’écoutera en payant ou
gratuitement en contrepartie de bandeaux publicitaires ou d’une
appartenance à un groupe de consommateurs définis. Elle fera l’objet de
services à la demande ou non. Elle se téléchargera, se louera
certainement. Elle sera l’objet de portails spécialisés ou d’une rubrique
phare des grands portails généralistes. Elle sera « mobile » et au centre
des premières applications de vidéo streaming …
L’Idate continuera à suivre de près et a analysé l’actualité de ce
secteur.
(Christine Weissrock – Atelier BNP Pribas – 4/10/2001)

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