Les enjeux liés à l'émergence de l'usine à test logiciel

Par 30 avril 2008
Mots-clés : Smart city

La montée en puissance des architectures orientées services augmente le coût des tests. Pour les entreprises, il est urgent de mobiliser les équipes autour d'expertises, d'outils et d'objectifs communs.

"L’émergence de l’usine à test logiciel va courir sur les dix années à venir, selon la maturité et l’organisation des directions logicielles impliquées", estime Xavier Flez, Directeur d'Yphise. Pour les entreprises, il y a urgence à explorer de nouvelles pistes. Selon les mesures d’Yphise, l’industrialisation croissante dans le développement et l’utilisation des architectures orientées services ou des progiciels, font augmenter fortement le coût des tests. En effet, la plupart des projets aujourd’hui ne partent pas d’une "feuille blanche", et s’intègrent plutôt à un existant, réutilisent des composants, etc.
Un surcoût de 10%
Le résultat est une montée en flèche des coûts de tests de non régression, répartis entre la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage. Selon ces calculs, un projet reprenant un fort existant coûte environ 10 % de plus qu’un projet "feuille blanche". Si cela ne suffisait pas, la part des tests s’y élève à 43 % du total (contre 23 en feuille blanche). En plus de cette inflation déjà préoccupante, d’autres phénomènes se renforcent, comme la tendance à déporter la vérification sur la maîtrise d’ouvrage. Elle est due à la concurrence qui fait rage entre prestataires pour décrocher, souvent après rabais, les projets de développement. Il ne reste tout simplement plus assez d’argent et de temps, en fin de processus, pour effectuer correctement les tests.
La nécessaire industrialisation des tests
Autre phénomène inquiétant : non seulement la part des tests de non régression augmente, mais ils alourdissent aussi le processus, parfois pour des apports métiers nuls aux utilisateurs. Il y a donc un hiatus qui apparaît entre la nécessité de produire des applications de qualité, et l’urgence de leur mise en place. Pour toutes ces raisons, Yphise milite aujourd’hui pour l’industrialisation des tests. L'enjeu est clair : "il y va de leur maîtrise des coûts, de la réactivité métier et finalement du risque opérationnel". Le concept d’usine à tests présente dans ce contexte l’intérêt de focaliser les énergies, autour d’expertises, d’outils et d’objectifs communs. Les maîtres mots en seront Automatisation et Référentiels.
Les contours d'une usine à test

Selon Yphise, elle s’appuie d’abord sur un référentiel contenant des cycles et des scénarii de tests structurés et utilise des outils de type RDD (Requirements Driven Developpement) qui permettent de coupler fortement la stratégie et les scenarii aux besoins métiers. Elle est ensuite forcément associée à un environnement de développement et, bien qu’ils soient aujourd’hui moins matures, à des outils de gestion du changement. Viennent ensuite les automates d’exécutions des tests du référentiel, qui gèrent au passage les anomalies détectées. Il ne faut pas oublier, dans cette phase, que certains tests restent manuels. Enfin, l’usine à tests se complète aujourd’hui de solutions capables de générer des jeux de tests automatiquement, à partir des modèles UML eux-mêmes dérivés de l’expression des besoins métiers au travers des outils de RDD.

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