[Enquête] L’avenir de l’assistant virtuel : vers une intelligence artificielle omnisciente ?

Par 01 mars 2016
Vers une intelligence artificielle omnisciente ?

Les récents progrès en matière d’intelligence artificielle permettent la mise au point de robots capables d’assister les humains dans de nombreux domaines. Et laissent présager l’émergence d’une méta-intelligence capable d’interconnecter les objets.

Dans le chef d’oeuvre de Stanley Kubrick, 2001, L’odyssée de l’espace, les astronautes en mission pour Jupiter sont assistés dans leur voyage par HAL 9000, un robot doté d’une intelligence artificielle très développée. Ce dernier peut converser avec l’équipage comme un être humain, et leur sert d’intermédiaire pour contrôler les différentes fonctionnalités du vaisseau spatial. Le développement de l’assistant virtuel rend chaque jour cette fiction un peu plus proche de la réalité. Intelligence artificielle conçue pour épauler les humains dans différentes tâches quotidiennes, l’assistant virtuel a récemment connu un véritable essor.

Du côté de l’offre, nous avons d’abord assisté à d’importants progrès en matière de technologies de reconnaissance vocale. Les avancées des trois dernières années ont été supérieures à celles des trentes années précédentes, au point que les machines sont aujourd’hui plus performantes que les humains, selon Tim Tuttle, CEO et créateur de MindMeld. Les assistants virtuels sont ainsi devenus capables de comprendre la plupart des questions posées par un être humain et d’y répondre de manière pertinente. Les progrès en matière de programmation ont également permis à ceux-ci d’entretenir une conversation, et même de faire de l’humour. De nombreux internautes se sont ainsi amusés à reporter en ligne les plaisanteries de Siri, l’assistant virtuel d’Apple, dont l’humour sarcastique n’a plus grand chose à envier à Tars, le robot bout-en-train d’Interstellar.

Tars, le robot d'Interstellar, n'est jamais le dernier à plaisanter. Créditi photo : Gizmodo

Les assistants virtuels ont également bénéficié du développement des interfaces de programmation, qui permettent d’ajouter de nouvelles fonctionnalités avec rapidité et efficacité. Au cours des dernières semaines, Alexa, l’intelligence artificielle d’Amazon Echo, est ainsi devenue capable de contrôler le chauffage central, lancer une playlist Spotify, commander un Uber et faire livrer une pizza. Siri, de son côté, a développé la capacité de réserver une table au restaurant et de publier sur Facebook pour son propriétaire. Du côté de la demande, les utilisateurs commencent à s’habituer au fait de converser avec un robot, et considèrent cette technologie de manière plus naturelle et intuitive, loin de la perplexité teintée de gêne des débuts.

Autre nouveauté : l’assistant virtuel ne se résume plus à la voix de nos smartphones. Il seconde aujourd’hui l’être humain dans tous les domaines. Les fintechs, où il détermine le meilleur moment pour transférer son argent à l’étranger ; la santé, où l’assistant virtuel permet au médecin de surveiller efficacement les patients atteints de maladie chronique ; l’automobile, où, évoquant le célèbre Kitt de K2000, il devient nécessaire pour profiter de la richesse des véhicules connectés sans compromettre sa sécurité et celle des autres ; le travail en entreprise, où l’intelligence artificielle programme automatiquement les réunions professionnelles ; la maison connectée, où elle permet de contrôler les différents appareils intelligents de son domicile.

Vers une concentration ou une segmentation du marché ?

Cette multiplication des assistants virtuels spécialisés pose la question de l’avenir de ce tout jeune marché. Nous dirigeons-nous vers une myriade d’intelligences artificielles ultra-spécialisées, ou au contraire vers un marché dominé par un super-assistant capable d’accomplir toutes les tâches possibles et imaginables ? La réponse se trouve sans doute quelque part entre les deux. Tout d’abord, il convient de distinguer, comme le fait Dennis Mortensen, CEO et fondateur de x.ai, assistants horizontaux et verticaux. Les premiers, sur les modèles de Siri, Cortana ou encore Google Now, sont polyvalents mais incapables d’effectuer une mission précise sur la durée. Les assistants verticaux, quant à eux, sont spécialisés sur une seule mission, qu’ils peuvent prendre un certain temps pour effectuer. Là où Siri peut répondre du tac au tac à un large panel de questions, Amy, l’assistante virtuelle développée par x.ai, est capable de discuter avec plusieurs personnes pour vérifier leurs disponibilités et de proposer une date et une heure de réunion arrangeant tout le monde.

Il est vraisemblable que nous nous dirigions vers un marché des assistants horizontaux oligopolistique, dominé par les grands noms des nouvelles technologies : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft en tête. Ceux-ci se livrent à une véritable bataille rangée pour récupérer les jeunes pousses innovantes leur permettant de perfectionner leur produit. Google a déboursé 500 millions de dollars pour acquérir DeepMind, entreprise britannique de deep learning ; Siri était une start-up indépendante avant d’être rachetée par Apple en 2010 ;  la start-up Wit.ai, qui transforme paroles et texte en données exploitables, avait à peine plus d’un an lorsque Facebook l’a rachetée en 2015 : sa technologie a permis au géant du web de construit son assistant M ; Amazon s’est associé à ecobee Inc. pour permettre à Amazon Echo de contrôler le chauffage central… « Les entreprises sont contactées par Facebook et Google dés qu’elles annoncent ce qu’elles font. » affirmait ainsi récemment Matthew Wong, analyste chez CB Insights, dans les colonnes du Guardian. Selon Oren Etzioni, de l’Allen Institute for Artificial Intelligence, interrogé par le journal, le futur appartiendra à l’entreprise capable de construire un assistant personnel sur le modèle du groom : capable d’avoir une conversation sophistiquée, de donner des recommandations de haute qualité, puis de prendre en charge chaque étape de la requête.

Il est néanmoins très peu probable qu’aucun de ses acteurs soit capable de concevoir un assistant virtuel en état d’assurer toutes les spécialisations possibles et imaginables. « Une intelligence artificielle centrale, capable d’effectuer des actions immédiates et de répondre à des questions, possède une utilité indéniable, mais cela diffère complètement des assistants focalisés sur un métier, capable d’effectuer une mission sur plusieurs jours, et de revenir vers leur utilisateur après avoir géré les différents tenants et aboutissants. » affirme Dennis Mortensen. Même son de cloche du côté de Ron Di Carlantonio, CEO et fondateur d’iNAGO, entreprise pionnière en matière d’intelligence artificielle, qui développe des assistants virtuels au Japon depuis une quinzaine d’années : « Si l’on prend le cas de l’assistant médical, il est nécessaire que ce soit une entreprise qui se focalise uniquement là-dessus, tant la procédure est complexe. L’assistant doit être capable de répondre à des questions médicales et d’effectuer des prescriptions, ce qui nécessite une certaine expertise dans le domaine. » Il est ainsi vraisemblable que nous allions vers la mise en place de plates-formes, de standards de base à partir desquels tout le monde puisse construire son propre assistant virtuel en bénéficiant de bases solides. De la même manière qu’on ne part aujourd'hui plus de zéro pour construire son site internet : de nombreuses solutions offrent une structure de départ qu’il est possible de personnaliser.

Théodore, le héros du film Her, tombe amoureux de son système d'exploitation. Crédit photo : Wild Bunch distribution

Vers des robots humanoïdes ?

Dans le film Her, le personnage joué par Joaquin Phoenix tombe progressivement amoureux de son système d’exploitation, intelligence artificielle capable de s’entretenir avec lui de manière humaine (et accessoirement doté de la voix sensuelle de Scarlett Johanson), de prendre en charge son quotidien mais aussi de partager ses interrogations existentielles, de parler musique, amour et du sens de la vie. Dans un épisode de la série télévisée Black Mirror, une jeune femme a recours à un robot adoptant la personnalité de son défunt amant, dont elle ne parvient pas à faire le deuil. Peut-on imaginer que, dans un futur proche, les assistants virtuels deviendront suffisamment intelligents et performants pour que ce genre de scénario puisse devenir réalité ? Après tout, ceux-ci sont dores et déjà capables d’avoir une véritable conversation avec leurs utilisateurs, sans se contenter de répondre simplement aux questions de ces derniers. Leurs capacités intellectuelles les rendent ainsi très proches de nous. Là où les robots, dénués d’une intelligence très poussée, devaient jadis adopté une apparence anthropomorphique pour être humanoïdes, c’est à dire ressembler aux humains, les intelligences artificielles que l’on commence à entrevoir aujourd’hui peuvent nous sembler très humaines avec un corps totalement différent du notre (comme Tars, le robot d’Interstellar), voir pas de corps du tout (dans le cas du système d’exploitation du film Her).

Ron Di Carlantonio a eu avant tout le monde (au début des années 1990), l’idée de construire une intelligence artificielle avec laquelle un humain puisse interagir comme avec un ami. Si nous sommes aujourd’hui très loin de pouvoir reconstituer la complexité du cerveau humain (il affirme que même après quinze ans de travail, son intelligence artificielle n’est qu’au niveau d’un bébé humain), la méthode du deep learning peut néanmoins permettre aux machines de participer à des discussions complexes, en piochant leurs réponses parmi une immense base de données : « Le principal défi résulte dans le fait que les humains posent souvent des questions vagues et peu précises. Pour palier ce problème, l’intelligence artificielle peut poser une série de question pour amener l’humain à préciser peu à peu sa requête initiale. C’est ce que nous faisons déjà au Japon pour des centres d’appels ou des services après vente. A terme, l’idée serait que le robot soit capable de piocher dans une importante base de données de questions/réponses, pour lever tout seul l’ambiguïté de la question, sans avoir à questionner son propriétaire. » Et ainsi répondre de manière naturelle à des questions complexes ou évasives, comme le ferait un être humain.

Mais l’une des composantes essentielles de l’humanité est l’évolution, l’adaptabilité, la capacité de réagir face à l’imprévu, caractéristique dont les intelligences artificielles sont pour l’heure totalement dépourvue. « Nous arrivons à des intelligences artificielles dotées d’une excellente mémoire et capable de naviguer facilement dans leur base données, mais l’intelligence, ce n’est pas seulement ça. C’est aussi la capacité de trouver une solution face à un problème inédit. Or, un programme est capable de résoudre un problème car nous l’avons programmé pour cela. » explique Ron Di Carlantonio. « Et si nous concevions un programme capable de s’adapter tout seul, pour résoudre des dilemmes auxquels nous ne l’avons pas préparé, auxquels nous n’avions même pas pensé ? » C’est ce que l’on nomme l’apprentissage non supervisé : donner au programme les clefs pour apprendre de lui-même, s’affranchir des règles pour penser tout seul.

« Ce concept existe aujourd’hui, mais c’est difficile de le faire bien. Donner à un programme la liberté de choisir ses propres actions signifie qu’il peut faire tout ce qu’il veut… et dans de nombreux cas il ne fera pas ce qu’on attend de lui ! C’est pourquoi de nombreux assistants virtuels, comme Siri, ont des interactions limitées. Chez iNAGO, nous sommes allés un peu plus loin en combinant des éléments prédéfinis avec d’autres plus dynamiques pour permettre des conversations plus naturelles avec Mia, notre assistante digitale. A l’avenir, nous aurons certainement des programmes capables de s’adapter et d’évoluer, et le deep learning sera un moyen d’y parvenir. Ceux-ci permettront aux logiciels de comprendre l’immense variété de choses qu’un utilisateur peut vouloir dire, de discerner ce que l’utilisateur veut vraiment, et de faire en sorte qu’il soit satisfait. Garder le contrôle sur ces intelligences artificielles capables d’aller au-delà de ce que nous leur avons appris prendra du temps, mais nous sommes optimistes ! »

On pourra éventuellement s’inspirer des trois lois de la robotique d’Isaac Asimov, censées forcer les robots à agir pour le bien de leurs créateurs humains. Cependant, ces assistants sont aujourd’hui pour la plupart développés dans la Silicon Valley, et donc conçus pour comprendre et converser avec des utilisateurs occidentaux. Pour que l’échange fonctionne aussi bien avec des individus de culture radicalement différente, il faudra sans doute une phase d’adaptation. Et prendre garde que la technique développée dans la Silicon Valley n’impose ses standards au reste du monde, forçant les autres cultures à s’adapter pour pouvoir l’utiliser, bref, que la technique ne dicte ses règles à l'homme, crainte notamment évoquée par Jacques Ellul dans son ouvrage Le système technicien.

Ce scénario, qu’on le trouve excitant ou effrayant, est peut-être déjà à nos portes. C’est du moins ce que laissent à penser les quelques articles parus sur la très secrète start-up Viv, lancée par les anciens créateurs de Siri il y a trois ans. Selon les informations reportées par le Guardian et Esquire, l’entreprise travaille justement, comme iNAGO, à la création d’un programme capable d’écrire son propre programme, et ainsi de réaliser un nombre d’actions potentiellement infini.

Isaac Asimov

Changer la face du monde ?

Si l’entreprise de Viv (ou celle d’iNAGo, ou de toute autre société aux objectifs similaires) s’avère couronnée de succès, les conséquences seraient tout bonnement explosives. Pour l’utilisateur, d’abord, qui pourrait effectuer des requêtes d’une grande complexité, et laisser ainsi son assistant prendre en charge de nombreux aspects de son quotidien. Celui-ci pourrait ainsi combiner conditions géographiques, météorologiques et informations issues de la liste de contact de l’utilisateur pour traiter une requête du style « S’il pleut ce soir, trouve moi une pizzeria près de chez mon frère. » Plus besoin de passer des heures sur des comparateurs de vol pour dénicher les billets d’avions les moins cher, ou d’éplucher les commentaires d’internautes pour trouver le meilleur hôtel où séjourner en vacances : quelques indications données à l’assistant virtuel, et celui-ci prendra en charge toute l’organisation du voyage.

 

 

Mais les créateurs de Viv ne comptent pas enfermer leur assistant dans un smartphone ou un ordinateur : à terme, l’idée est de concevoir une plate-forme agnostique, intégrable à n’importe quel objet connecté. A l’ère de l’internet des objets, il manque en effet un connecteur, un cerveau global capable de faire communiquer entre eux les appareils intelligents, pour une expérience utilisateur optimale. Ainsi, l’homme du futur pourra s’entretenir avec son frigo connecté pour lui demander ce qu’il contient. Ce dernier se connectera à un site de cuisine, comme Yummly, pour proposer à son propriétaire une recette simple à effectuer à partir des ingrédients disponibles et des souhaits de ce dernier (envies du moment, régime spécifique, repas précédents), suggérer un vin s’accordant bien avec celles-ci, et recourir à Google Maps pour indiquer le commerce le plus proche où se le procurer. L’intelligence artificielle pourrait également être intégrée à ma tondeuse à gazon pour qu’elle s’occupe du jardin quand je suis en vacances, et commande automatiquement de l’engrais auprès d’un fournisseur en cas de besoin… Combiné à un site de rencontre, l’assistant suggérerait à son utilisateur qu’il partage avec son dernier match une passion pour les films de série B, et que le cinéma du coin passe justement l’un d’entre eux ce soir… doit-il prendre des billets ? Commander un Uber pour passer prendre la jeune femme chez elle ? Faire une réservation après la séance pour cet excellent restaurant gastronomique, à deux pas du cinéma ? Disposer des fleurs sur la table du restaurant ? Les possibilités sont infinies.

Dans un tel scénario, c’est également tout le modèle de la publicité sur l’internet qui se trouverait chambouler, comme le suggère Esquire. Certains sites commerciaux payent aujourd’hui des millions à Google pour figurer parmi les premières recommandations lorsqu’une recherche correspondant à l’un de leurs produits ou services est entrée par un internaute (par exemple, tel site vendant des billets d’avion s’assure de figurer en bonne place lorsqu’un individu tape une recherche de vol). Si demain, chacun possède un assistant virtuel connaissant parfaitement ses préférences personnelles et les meilleures affaires, la recherche Google cesse d’exister. Tout le paradigme publicitaire doit donc être repensé. Le marché des objets connectés pourrait de même changer complètement de façade : quelle sera demain la nécessité d’un smartphone si un réfrigérateur est capable d’accomplir les mêmes services ? Pourquoi investir dans un ordinateur de pointe quand la penderie connectée commande des vêtements sur l'internet ? La fameuse destruction créatrice, chère à Joseph Aloïs Schumpeter, se profile à l’horizon.

Joseph Aloïs Schumpeter

Les acteurs traditionnels vont également devoir adapter leur modèle à cette nouvelle donne, et ce dans tous les secteurs de l’économie. Prenons l’automobile, par exemple : il va rapidement devenir primordial, pour les constructeurs (nombre d’entre eux ont même commencé à le faire), de proposer un assistant virtuel intégré à leurs véhicules, afin de proposer un certain nombre de services au conducteur, comme l’avertir de l’état des plaquettes de frein ou du niveau d’huile pour un long trajet, ou encore lui suggérer d’installer les chaînes en cas de risque de chutes de neige… L’assistant jouerait ainsi le rôle de garagiste embarqué, et pourrait même recommander au conducteur les garages de la marque situés à proximité. La valeur ajoutée du constructeur basculerait ainsi lentement du hardware vers le logiciel. iNAGO travaille d’ailleurs depuis quelques années avec les grands constructeurs japonais, et a récemment tissé des liens avec un constructeur américain. Dans l’alimentaire, on peut imaginer un groupe comme Danone tissant un partenariat avec MyFitnessPal, application smartphone permettant de surveiller son alimentation, pour suggérer à l’utilisateur des produits permettant de combler ses carences alimentaires (du lait en cas de manque de calcium…). En rajoutant une montre connectée dans la balance, le consommateur pourrait surveiller ses indicateurs de santé en temps réel et commander automatiquement les produits dont il a besoin. Dans le secteur financier, aux banques de proposer des assistants virtuels aidant leurs clients à placer leur argent, sur les titres les plus performants mais aussi ceux correspondant aux intérêts personnels de chaque individu.

Toutefois, le chemin ne manque pas d’embûche. Outre les difficultés soulignées par Ron Di Carlantonio, l’assistant du futur devra pouvoir stocker et gérer ces données pléthoriques, convaincre un large panel d’utilisateurs sans disposer d’une base client comme celle de Google ou d’Apple (à moins d’être justement racheté par l’un d’entre eux), trouver des développeurs capables de gérer l’intégration à un grand nombre de plates-formes, et surtout convaincre les utilisateurs de partager leurs données personnelles avec un robot… qui dans les oeuvres de science-fiction, qu’il s’agisse d’I, Robot, de 2001, l’odyssée de l’espace ou de Matrix, fini souvent par se révolter contre ses créateurs !

La menace réside aussi dans l’uniformisation : si Yelp est à l’instant T le service de recommandation le plus fiable pour un restaurant, tous les assistants virtuels personnalisés vont y avoir systématiquement recours chaque fois que leur utilisateur leur demandera de réserver une table, ne laissant aucune chance aux nouveaux entrants. L’avantage concurrentiel d’Amazon se muera en un écrasant monopole…. Il faudra donc trouver un système permettant de préserver personnalisation et diversité, par exemple en introduisant d’autres critères que la simple efficacité. Mais nous sommes ici dans le registre de la science fiction… Pour combien de temps encore ?

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