L'entrepreneuriat est-il une matière scolaire comme une autre ?

Par 28 mai 2015
Mots-clés : Smart city, Formation, Startup, Asie, EMEA
L'entrepreneuriat, bientôt au programme?

S'il dispose d'un programme de formation adapté combinant théorie et pratique, l'entreprenariat pourrait "s'apprendre" au même titre que les autres matières enseignées à l'université.

L’entrepreneuriat est-il une question de vocation ou bien de formation ? C’est la question soulevée par l'étude dirigée par Michael Gielnik, professeur en ressources humaines et en développement personnel à l'université de Lüneburg en Allemagne, qui révèle que le fait de penser et d’agir comme un entrepreneur est un potentiel qui sommeille chez de nombreux individus, et qu’il est alors possible d’éveiller cet esprit entrepreneurial.

Mais alors, est-il possible d'acquérir des notions d'entrepreneuriat comme lorsque l'on étudie l'arithmétique ou la littérature ? Pour répondre à cette question, les auteurs de l'étude se sont donc attelés à développer un programme d’apprentissage propre à l'entrepreneuriat composé de 12 cours différents (identifier les opportunités commerciales, marketing, networking, droit...), délivrés sur une période de 12 semaines. Des sessions avec pour but ultime de réveiller les capacités en entrepreneuriat de certains, car l'étude l'affirme, l'entrepreneuriat n'est pas un don mais bien une capacité qui s'acquiert à force d'entraînement.

Pour ce faire, le programme, développé spécialement pour les pays en voie de développement - et par conséquent délivré dans plusieurs universités africaines et asiatiques - est basé sur un mélange de théorie et de pratique. Pour commencer, les étudiants disposent d'un capital de départ de 100 dollars avec lesquels ils doivent œuvrer pour lancer leur entreprise. Un tel investissement conduit les élèves à se fournir en matériel, à collaborer avec des fournisseurs et à entrer dans le marché de l'entrepreneuriat avec un produit fini. Un enseignement formateur puisque basé sur l'apprentissage par l'erreur.

Afin de prouver l'efficacité de ce programme, l'équipe de chercheurs a réalisé un sondage auprès de 350 étudiants ougandais de toutes les disciplines, conçu pour définir leurs sentiments quant à la création d'entreprise. La moitié de ces étudiants interrogés avaient d'ores et déjà pris part au programme d'entraînement élaboré par l'université de Lüneburg. Un sondage réparti en trois temps : avant le programme, immédiatement après la fin du programme, et 1 an après.

Le pourcentage d’entrepreneurs dans le groupe n’ayant pas suivi la formation (control group) et celui l’ayant suivie (training group) avant et après le programme

Le premier sondage effectué directement après le programme indiquait une plus grande confiance des étudiants en ce qui concerne leur capacité à entreprendre et ceux-là mêmes se sentaient plus prêts à lancer une entreprise que ceux n'ayant pas suivi le programme. Des résultats qui montraient d'ores et déjà l'efficacité d'un tel coaching. Le sondage effectué 12 mois après le programme confirmait ces résultats et indiquait bien une plus forte appétence pour les étudiants ayant suivi le programme à entreprendre. Une expérience d'autant plus importante pour les pays en développement que les postes sur le long terme se font très rares, puisqu'il y est très difficile d'intégrer le marché du travail. L'étude révèle qu'en effet 60% des Ougandais sont sans emploi. Un tel programme d'entraînement pourrait donc considérablement faire changer les mentalités et apporter de réelles solutions à une économie du travail en berne.

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