"Les entrepreneurs ont tout à gagner à investir dans le numérique"

Par 09 mars 2011
Mots-clés : Smart city, Europe
Un homme utilise sa main pour faire évoluer un paneau numérique

Pour être compétitives, les entreprises françaises doivent continuer à investir dans le numérique. Cela afin de créer la forme de concurrence nécessaire pour proposer toujours plus de services aux clients.

Entretien avec Henri de Maublanc, co-fondateur d'Aquarelle.com.

L'Atelier : Le rapport de McKinsey sur l'Impact d'Internet sur l'économie française, souligne que la France a encore des efforts à faire en terme d'investissement web, qu'en pensez-vous ?

Henri de Maublanc : La France rattrape plutôt bien son retard. Si l’on prend l’exemple du e-commerce, il a été multiplié par deux en 10 ans. Nous sommes toujours encore un peu à la traîne c’est vrai mais il représente désormais 5 % des ventes totales sur notre territoire. Les autres pays européens ont connu une croissance beaucoup moins forte ces dernières années. Si le consommateur français se laisse désormais tenter, c’est qu’il a compris que le commerce en ligne favorise la concurrence et donc la baisse des prix et oblige les commerçants à améliorer constamment les services proposés. Aujourd’hui le client compare, il teste. L’objectif pour l’entreprise est qu’il soit toujours satisfait car il n’est plus captif et n’hésitera pas à aller voir ailleurs.

Il semble que les Français aient du mal à accepter Internet par rapport à ses voisins européen. Comment peut-on faire évoluer notre culture numérique ?

Pour faire évoluer la culture, il faut expliquer et montrer par la preuve aux entrepreneurs qu’ils ont tout à gagner à investir dans le numérique et les nouvelles technologies. En effet, c’est une source très importante de clients potentiels en France mais également à l’étranger. Si l’on prend l’exemple d’Aquarelle, le chiffre d’affaires a pratiquement été multiplié par trois en quelques années grâce à notre stratégie de vente en ligne. Dans le même temps, les grandes entreprises doivent pousser les consommateurs à acheter sur le Net pour créer une dynamique et pousser les PME à proposer toujours plus de services.  Je crois également beaucoup au crédit Impôt recherche. Il faut en effet accepter que le numérique est encore de la recherche pour beaucoup d’entrepreneurs, notamment dans les PME. C’est en développant des infrastructures et en donnant les moyens aux entreprises d’innover que la France gagnera le pari de l’Internet.

Qu’est-ce qui vous a poussé, il y a déjà dix ans, à parier sur la vente en ligne ?

Le retour sur investissement est beaucoup plus important si vous investissez sur Internet. A l’époque nous avions cinquante magasins en France et nous avions un chiffre d’affaires d’environ 12 millions d’euros. Aujourd’hui nous avons gardé seulement trois magasins et notre modèle d’affaire a changé, Internet représente presque la totalité des 30 millions de chiffre d’affaire en 2010. Cela nous permet de capter plus facilement une clientèle étrangère qui veut envoyer des fleurs en France, mais également entre autre en Belgique ou en Espagne ou nous sommes également présents. Internet a été notre moteur d’aide à la vente. Chez nos voisins il faut vendre puis voir, on teste un modèle alors qu’en France "on ne vend jamais la peau de l’ours avant de l’avoir tué". Pour gagner le pari du numérique, les entreprises doivent faire confiance en leur capacité à innover et à trouver de nouveaux modèles qui s’appuient entre autre sur le numérique.

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