"En entreprise, les initiatives vertes ne doivent pas être un luxe"

Par 08 juillet 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Pour encourager les professionnels à prendre en compte les exigences environnementales, il faut les convaincre des avantages concrets que celles-ci peuvent leur apporter. Et épauler les PME.

Thierry Martin est le président directeur général de LNA, Large Network Administration, société française de service et distribution informatique (SSDI). Il a participé à la table ronde "Green IT, mythe ou réalité dans les entreprises", organisée par l'agence Amezis.
L'Atelier : Quelle est la situation des entreprises vis-à-vis des technologies vertes en France ?
Thierry Martin : Il y a un vrai changement de mentalité, une évolution qui se confirme d'ailleurs depuis plus d'un an. Les entreprises - en particulier les grands comptes - commencent véritablement à franchir le pas, et passent à l'action. Mais des efforts restent à fournir. La plupart des PME ont encore d'autres priorités, ou n'ont souvent pas le budget nécessaire pour adapter leur matériel aux exigences environnementales. Et certaines structures professionnelles ont encore peur de modifier en profondeur leur système de fonctionnement, de casser un équilibre. Enfin, il y a des problèmes d'ordre organisationnel. Il est par exemple essentiel d'intégrer les SI à la direction générale de l'entreprise, ou du moins de nouer des liens entre ces deux instances, pour que les responsables informatiques prennent véritablement conscience de l'intérêt général de la compagnie, et des avantages concrets qu'il y a à lancer un programme visant à réduire l'empreinte carbone, par exemple.
Comment encourager les entreprises à adopter de bonnes pratiques environnementales ?
Il faut du pragmatisme, du réalisme. Les entreprises ont des contraintes de temps, et d'argent. Aussi est-il nécessaire de convaincre les professionnels, avec un réel accompagnement. Et de briser leurs inquiétudes par un schéma opérationnel. Il faut expliquer aux entreprises que ces solutions vertes sont avant tout des solutions économiques. Les solutions de Green IT ne doivent pas être un luxe. Les professionnels ont de nombreux projets à mener, il est absolument nécessaire que ces programmes constituent un vrai "plus", et soient intégrés à l'ensemble des programmes à l'œuvre dans l'entreprise. Quant aux PME, elles ont besoin d'être épaulées, avec des incitations fiscales le cas échéant, et un accompagnement technique personnalisé. Certaines institutions publiques pourraient par exemple analyser les problèmes et proposer des solutions adaptées.
Des solutions de cloud computing, par exemple ? Ou des programmes de virtualisation permettant de relocaliser certaines ressources ?
Eventuellement. Le cloud permet en effet d'effectuer des diminutions conséquentes de la consommation d'énergie, en mutualisant les ressources sur un même data center. Mais ces solutions coûteuses sont surtout dédiées aux grands comptes, qui peuvent de fait réorganiser leur structure et optimiser l'allocation des ressources, pour en faire des solutions rentables. Pour les petites et moyennes entreprises, il faut surtout jouer sur le coercitif, à l'échelle de la société. Les constructeurs doivent créer des machines qui respectent certaines normes. Autrement dit, les fabricants qui sont leaders sur le marché se doivent de modifier leur production, en intégrant ces exigences environnementales dans les ordinateurs qu'ils créent.

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