"Les entreprises commencent à voir les bénéfices des RIA"

Par 21 janvier 2010
Mots-clés : Smart city

Les applications Internet riches intéressent les entreprises, en interne comme en externe. Notamment parce que cela leur permet de monétiser certaines solutions, et d'améliorer la productivité de leurs salariés.

Entretien avec Michaël Chaize, "évangéliste" des Rich Internet Applications chez Adobe. L'Atelier l'a rencontré à l'occasion d’une conférence organisée par l’Epita.
L’Atelier : Qu’est-ce qui selon vous justifie l’engouement des entreprises pour les RIA ?
Michaël Chaize : Les RIA répondent à trois opportunités pour les entreprises. La première concerne la réduction des coûts. Par exemple, en développant son portail d’assistance sur Internet, Orange permet à ses clients de trouver eux-mêmes la solution à leur problème plutôt que de passer par la hotline dont le coût opérationnel est beaucoup plus important. Cela représente un retour sur investissement de près de 20 millions d’euros en deux ans. Deuxièmement, cela permet de générer des revenus en monétisant certaines applications. Enfin, cela permet de se démarquer par rapport à la concurrence en proposant des services innovants.
Comment cela s’est-il traduit ?
Le premier secteur à avoir adopté la RIA est celui de la banque et assurance, suivi des télécoms. Mais toutes les industries s’y mettent. Au départ, les entreprises y voyaient un vecteur d’innovation pour faire de l’e-business. Maintenant elles commencent à considérer les bénéfices que cela peut avoir en interne. On est entré dans une phase de mutation où les applications existantes sont de plus en plus refondues en RIA.
Beaucoup accusent les RIA d’être un simple travail esthétique...
C’est un problème de maturité et de compréhension des bénéfices d’un travail sur les interfaces. Par exemple, quand on développe une application pour les traders, on transforme les données en informations accessibles en coup d’oeil. Du coup il leur faut 20 secondes pour faire des choix qui leur prenait 5 minutes. Il ne s’agit pas d’esthétique, il y a un vrai apport de valeur : on améliore la productivité des utilisateurs en travaillant sur le design et l’interface.
Comment cela se déroule-t-il du point de vue des développeurs ?
Le développement des applications doit être pensé différemment. Interviewer les utilisateurs en début de parcours, c’est bien, mais ça n’est pas suffisant. Il faut vraiment comprendre leur environnement de travail, la manière dont ils travaillent et intégrer toutes ces données dans l’interface. Une fois qu’elle est définie, le reste en découle et pas l’inverse comme c’était le cas jusqu’ici. Cela permet de garantir l’adoption par les utilisateurs. C’est important quand on sait que c’est la cause de plus de la moitié des échecs d’applications.
Prochaine étape pour la RIA : le mobile ?
Aujourd’hui, on sait que ce modèle a du sens. Le problème c’est qu’on doit faire face à une fragmentation technologique avec les mobiles. A moins de se concentrer sur un ou deux modèles, il faut vingt développements pour construire une application disponible sur toutes les plates-formes. Aujourd’hui Adobe s’emploie à reproduire sur mobile le succès dont jouit Flash sur PC à travers l’Open Script Project qui réunit tous les constructeurs à l’exception d’Apple.

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