"Les entreprises essaient de se forcer à être plus éco-responsables"

Par 05 septembre 2012 2 commentaires
frédéric bordage

Même si elles sont loin d'être exemplaires, les sociétés françaises se montrent plutôt réceptives aux systèmes éco-responsables. Reste à savoir s'il faut imposer ces normes pour les voir appliquées, ou si l'incitation peut suffire.

Récemment, l'Afnor publiait un Livre blanc revenant sur les leviers de mise en place de systèmes d'information éco-responsables dans les entreprises. Selon le groupe, de nombreuses actions existent pour inciter les compagnies à déployer ce type de solutions. Retour sur l'efficacité de ces préconisations avec Frédéric Bordage responsable de GreenIT.fr et co-auteur du livre Systèmes d'information et développement durable - Green IT.

L’Atelier : La France est-elle un bon élève en matière d’éco-responsabilité ?

Frédéric Bordage : Comme vous pouvez le remarquer, beaucoup d’acteurs industriels ont participé à l’élaboration de ce Livre. Nous comptons en France de nombreux spécialistes qualifiés, qui ont participé à plusieurs débats, notamment sur l’empreinte énergétique de certains secteurs. Ces experts sont reconnus au niveau national, continental mais aussi mondial. Ils apportent dès lors une réelle crédibilité et une force légitime aux indicateurs de performances et de qualité que nous avons utilisés ; et ces indicateurs tendent à devenir des éco-labels. En devenant des éco-labels, ils sont d’autant plus suivis et appliqués par les entreprises.

Comment transformer ces recommandations en normes pour les entreprises ?

Je crois que ce genre de publications n’a pas pour ambition d’imposer quoi que ce soit. Cependant, je dois dire que la majorité des entreprises avec lesquelles nous sommes en rapport accueille plutôt d’un bon œil ce genre de travail. Puisque les indicateurs utilisés sont très pertinents, ils permettent aux sociétés, dans de nombreux secteurs d’activités, de mesurer leurs performances en matière de développement durable et d’empreintes énergétiques ; ce qui ne leur est pas possible autrement. Se mesurer, cela veut dire, dans des termes plus mercantiles, se comparer par rapport à la concurrence. Si pour l’instant les obligations réglementaires et législatives ne sont pas très présentes,  les entreprises se forcent d’elles-mêmes à prendre en considération ce genre de travail.

Justement, la publication de ce recueil de propositions peut-elle permettre une meilleure appréhension de l’éco-responsabilité par la classe politique ?

Il y a peu d’engagement législatif. Cependant, l’Etat oblige toutes ses institutions à se montrer exemplaires sur les questions de développement durable, comme sa circulaire du 3 décembre 2008.  C’est un sujet qui finalement, n’est pas une préoccupation majeure pour le gouvernement ou toute autre formation politique ; pour la simple et bonne raison qu’il y a une méconnaissance de cette matière qui ne permet pas un travail d’élaboration des lois très construit ou très développé. Il y a souvent des grenelles, ou ce type d’évènements, qui permettent parfois certaines réflexions, mais qui ne débouchent pas sur des mesures concrètes. Je dirais également que c’est un sujet contraignant, voire embarrassant, notamment pour le lobbying industriel, très puissant en France. Le mot   n’est pas forcément le bienvenu dès lors, dans les enceintes des hémicycles.

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2 Commentaires

Bonjour,

On commence effectivement à voir de plus en plus d'initiatives intéressantes, mais quand on regarde le nombre d'entreprise qui se fichent totalement d'avoir un comportement éco responsables...ça peut être déprimant pour ceux qui font des efforts.
Luminaires allumés toute la nuit et chauffage qui tournent (alors qu'on pourrait régulier et baisser la nuit..à pc jamais éteints, chauffage / clim alors que le bâtiment est mal isolé (quand les fenêtre ne sont pas laissées ouvertes..).
ça reste quand même encourageant mais il y a un vrai travail d'éducation à faire en amont.
Amicalement,

Daniel, passionné d'écologie, du site Immo a neuf

Soumis par Greenever (non vérifié) - le 04 février 2013 à 17h39

Bonjour,

Ecolo engagé, je rejoins l'avis de Daniel sur ce point. Pas évident d'engager des démarches pour faire changer les mentalités de manière globale, quand on voit en parallèle des personnes peu respectueuses. Gâchis et pollutions volontaire. Et ce n'est pas qu'en France...nos amis Suisses en souffrent tout autant : http://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/Des-litres-de-produit-toxique-deverses-a-travers-Lausanne/story/16449482

Mais bon, il ya toujours de l’espoir. J’espère simplement que ce n'est pas quand on sera face au mur que les gens se décideront à changer...

Cordialement,

Valentin, Kelisol.fr

Soumis par Kelisol (non vérifié) - le 15 septembre 2013 à 14h31

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