Des entreprises françaises pas assez offensives avec l'innovation

Par 04 février 2015 5 commentaires
L'innovation en entreprise

Malgré un potentiel certain, la France est en retard dans le domaine de l’innovation. La cause de ce retard ? Des politiques culturelles souvent inadaptées et des outils d’appui trop complexes à utiliser.

En France, si l’innovation s’invite de plus en plus  en entreprise,  elle n’en que trop rarement un constituant à part entière. L’étude* menée par la CCI de Paris révèle que l’innovation n’est pas omniprésente dans les stratégies des entreprises, néanmoins « 62% des salariés du secteur privé ont été concernés au cours de cinq dernières années par une ou plusieurs innovations liées au numérique ». Considérée comme une « rupture technologique » l’innovation peut potentiellement bouleverser la vie de l’entreprise. Raison pour laquelle les employés ont tendance à assimiler innovation et risque, à percevoir celle-ci comme un élément difficile à maîtriser, plus que comme une réelle opportunité pour leur entreprise d’évoluer. De plus, L’accès au financement de projet d’innovation s’avère fastidieux : 36% ayant voulu accéder à un financement ont estimé le montage de dossier trop complexe, et 31% ont souligné la difficulté à identifier un interlocuteur. Malgré les obstacles, l’enquête fait ressortir une réelle demande des salariés : « 76% des actifs souhaiteraient que leur entreprise les incite d’avantage à innover au quotidien ». L’innovation est effectivement liée au risque puisque l’échec peut être rencontré, mais il doit être relativisé et utilisé comme outil d’apprentissage. L’innovation dans l’entreprise est d’autant plus importante que son impact positif est  démontré dans l’étude : « Pour 60% des salariés du secteur privé, l’innovation est essentielle pour créer de l’emploi.

Corriger l'articulation des pôles de compétitivité de la région

Près de la moitié des PME françaises n’a pas entrepris de démarche d’innovation au cours des deux dernières années. Malgré une récente évolution des politiques publiques, celles-ci restent très – voire trop – orientées vers la technologie et le domaine du high-tech alors que « 80% [des innovations] sont de nature sociale, organisationnelle, commerciale, marketing ou financière ». Les PME ne disposent pas toujours des compétences nécessaires pour appréhender les projets innovants, alors que la région parisienne possède un potentiel énorme en matière d’innovation.  En effet, l’Île-de-France dispose de nombreux pôles de compétitivité, ceux-ci jouissant de multiples ressources humaines, financières, technologiques et infrastructurelles. Et la CCI de promouvoir le projet du Grand Paris qui constituera, selon elle, un « réseau d’écosystèmes favorable à l’innovation » adapté aux nouveaux besoins des entreprises. Il devient primordial pour l’Île-de-France de porter ses projets d’innovation et d’améliorer les relations entre les différents pôles de compétitivité pour encourager les partenariats : « 40 %  des entreprises en Île-de-France qui ont abandonné des projets d’innovation au cours des deux dernières années, l’ont fait en raison d’un manque de partenaires.» C’est pourquoi il est nécessaire d’instaurer un accompagnement des entreprises pour les aider à identifier les marchés sur lesquels un renforcement de l’innovation est nécessaire. Les pôles de compétitivité constituent un soutien essentiel aux entreprises mais « seul un projet des pôles sur 4 débouche sur une innovation en tant que tel ». Les pôles ont une faible couverture des entreprises en Île-de-France, qui en recense plus de 800 000. En effet « Seulement 14% des établissements en Île-de-France ayant entrepris une démarche d’innovation au cours des 2 dernières années sont en relation régulière avec un pôle de compétitivité. »

Recherche d'informations, réorganisation ... les entreprises testent

L’analyse de la cinquantaine d’entretiens qualitatifs fait ressortir que les entreprises concernées cherchent à intégrer l’innovation dans leur fonctionnement en s’ouvrant au monde extérieur en initiant de plus en plus de « Learning Expeditions ». L’étude révèle également une quête d’informations de la part des entreprises beaucoup plus conséquente (informations de marché, veille technologique et autres sondages). En plus de cette politique d’agrégation d’informations, les entreprises travaillent sur leur politique de recrutement en privilégiant des profils créatifs au détriment de profils technologiques. Une réorganisation des équipes en interne est initiée au sein des entreprises : Une équipe est exclusivement dédiée au développement de l’innovation et l’implication du top management - qui est en mesure de déclencher les projets innovants -  est encouragée. Dégager du temps pour que les membres de la société puissent réfléchir à une stratégie face au digital est une autre mesure privilégiée par beaucoup d’entreprises. De plus, ces dernières estiment qu’il est nécessaire d’adapter les méthodes de travail à l’innovation en initiant des groupes de travail et une gestion différente des principaux projets. Toutes ces mesures, reliées les unes aux autres par un seul et même but, sont génératrices de nouveaux produits, de nouveaux modèles économiques, de nouvelles formes de commercialisation et de nouveaux marchés. L’enjeu de l’innovation est bien réel pour la France afin que celle-ci puisse améliorer sa compétitivité à l’échelle mondiale.

*Etude qui s’appuie sur une cinquantaine d’entretiens qualitatifs avec des responsables d’entreprise, une enquête quantitative auprès de 6000 entreprises et des auditions d’experts institutionnels.

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5 Commentaires

l'innovation ne veut pas dire grand chose si ce n'est changement .
Le changement faire peur avant tout aux financiers ( sauf à ceux qui speculent bien sur ).
Mais en entreprise ,le changement est necessaire seulement si le profit ne vient pas . Hors les institutionnels veulent mettre l'innovation à toutes les sauces et la forcer à tout prix .
Nos grandes entreprises se moquent des idées de leurs ingenieurs qui ne sont que 2% à faire travailler leur neurones pour trouver de nouveaux produits , de nouvelles technologies , de nouveaux process .
Car le profit ne vient pas des nouvelles idées mais des idées qui ont la chance de se faire financer parce que des HEC ou autres communicants auront réalisé de super business plan .
Un bon exemple est Newwind , l'arbre à vent , qui ne produira pas d'electricité ( juste de quoi allumer quelques LED) faute de vent à faible hauteur , mais qui beneficie d'une excellente communication digne d'une poissonniere du vieux port marseillais . C'est presenté comme une revolution ,une innovation de rupture , alors que ce n'est ni innovant et que ça ne durera que 3 ans .
et les exemples sont pletoriques en particulier tous les projets techno qui emanent de laboratoire public , dans lesquels on oublie ou on n'ose pas faire l'analyse de la concurrence de peur de decouvrir qu'on est à la traine
arretons de sponsoriser des cul de sac

Soumis par joseph (non vérifié) - le 05 février 2015 à 10h49

le seul veritable enjeu de l'innovation n'est pas trouver de nouvelles idées mais de nouveaux clients le reste c'est pour se faire plaisir .
il me faut 1/2 journée pour trouver, grace à google et mon experience , une solution technologique et je suis loin d'etre le seul dans ce cas .
Si les ingenieurs gouvernaient ce monde , cela fait longtemps qu'il n'y aurait plus de pollution dans les villes , que le chauffage serait entierement solaire , que les transports en commun seraient individualisés , que les aveugles pourraient se deplacer seuls en ville , que les terroristes seraient impuissants car leur armes seraient inoperantes , que les femmes battuent ne le seraient plus et que la bourse n'existerait plus .
Que du bonheur !
Faut pas rever , n'est ce pas !

Soumis par joseph (non vérifié) - le 05 février 2015 à 11h02

exemple simple d'innovation qui ne voit toujours pas le jour de la faute des profiteurs du systeme ( les financiers et les commerciaux ) :
tous les endroits ou il faut faire la queue pour payer alors que tout existe pour faire du paiement sans contact
100 % des peages autoroutiers devraient etre sans arret du vehicule
100% des caisses au supermarchés auraient deja du disparaitre
(et si les vieux ont besoin de leur contact social ça n'est pas à la caissiere de l'assurer , on peut trouver une autre solution )

Soumis par joseph (non vérifié) - le 05 février 2015 à 11h10

Je ne sais plus qui disait :"la France est un petit paradis peuplé de gens qui se croient en enfer"
A propos d'innovation, moi qui exerce ce formidable métier depuis 20 ans, j'ai envie de dire :"arrêtons de nous plaindre, arrêtons de parler d'innovation, passons à l'action"
Walk the talk guys, comme le disent les bretons
Et surtout "Stay hungry, Stay foolish "

Soumis par Brice Auckenthaler (non vérifié) - le 07 février 2015 à 09h46

Avec l'instabilité économique actuelle, je pense qu'il est tout à fait normal si la majorité des entreprises en France voient en l'innovation un risque plutôt qu'une opportunité.
J'ai même lu un autre article sur le site raisonsociale.fr disant qu'en France presque la moitié des entreprises hésitent d'innover alors qu'aux Etats-Unis seulement 8% sont septiques par rapport au changement.
Pour moi la solution c'est de faire naître un nouvel état d'esprit.
Qu'en pensez-vous ?

Soumis par Yves (non vérifié) - le 10 mars 2015 à 14h28

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