Les entreprises internationales entrent en Chine par la porte du e-commerce

Par 27 mars 2012
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique
Femme ordinateur carte bancaire

L'attrait des consommateurs pour l'achat en ligne, et un ticket d'entrée moins élevé que pour le commerce en dur en font un secteur intéressant pour les compagnies étrangères. Mais pour fonctionner, elles doivent s'adapter aux spécificités du marché.

En Chine, la consommation en ligne a augmenté de 66 % en 2011, représentant 195 millions de consommateurs, l'équivalant de la population du Brésil. Et un marché de 125 milliards de dollars. Ces chiffres, provenant d'une enquête de DDMA, soulignent également un autre point : ce marché forme aujourd'hui l'une des principales portes d'entrées commerciales du pays pour les entreprises étrangères. Car avec la croissance du e-commerce et son faible coût de développement, le coût de l'installation et de la distribution traditionnelles (loyer, logistique, main d'œuvre) a augmenté. Une réalité confirmée par Loic Hennocq, Directeur General d'Ecritel China, et interrogé par L'Atelier. Ce dernier précise cependant que, même sur Internet, "une marque peu connue peut difficilement se passer de la distribution physique qui participe à la confiance dans cette nouvelle marque". Et d'ajouter : "Internet doit être vu comme un canal complémentaire".

Les particularités du consommateur chinois

Il n'en demeure pas moins que pour se développer, le e-commerce a du s'adapter au consommateur chinois, par exemple par la mise en place de bonnes affaires, très prisées par cette population. Les plus grands acteurs du secteur, tels que le site de vente à prix cassé Taobao, ont largement participé à l'acceptation sociale de l'achat en ligne et au développement de la confiance dans l'authenticité des produits vendus, préalable au succès du e-commerce. Une solution pour entrer sur le marché chinois ? Pas forcément, note Loic Hennocq "car le simple passage par de tels sites axés sur le prix cassé peut ternir l'image d'une entreprise qui essaye de s'implanter en Chine". Et d'ajouter que "la notion d'eldorado chinois est illusoire", et que même sur Internet, la principale difficulté que rencontre une entreprise étrangère "est de s'adapter aux particularités chinoises pour les produits vendus, l'installation d'une entreprise ou encore le marketing". 

Une croissance à venir ?

Mais force est de constater que la croissance du e-commerce, fruit du développement économique, devrait se poursuivre. La Chine a connu une augmentation générale de revenu. Par exemple, explique Loic Hennocq, "les fermiers chinois ont vu leurs allocations être multipliées par 2 voire 3, passant de 400€ par an à 1200€" en 2008, ce qui en fait un important potentiel intérieur de croissance. Autre caractéristique : l'amélioration des infrastructures. Le réseau de transport d'abord, facilitant une livraison rapide et à bas coût, ou l'accès à internet en matière de prix ou de rapidité, diffusant l'achat en ligne. "Le pays étant grand", ajoute t-il, "de nombreux Chinois sont aujourd'hui équipés de smartphones pour garder le contact, ce qui leur permet par ailleurs d'acheter en ligne". Enfin, puisque le développement des magasins physiques n'a pu se développer au rythme de la croissance du revenu, la population chinoise trouve sur Internet un choix de produits qu'elle ne trouve pas dans la distribution physique. Ce qui devrait laisser de la marge au développement du e-commerce.

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